- Paru aux Éditions Zones en mars 2008 -
13 €
Format 200 x 135 mm
Pages : 208
ISBN : 2-355-22002-6
Présentation de l'auteure :

A 36 ans Irene Zeilinger est une sociologue et formatrice d'auto-défense pour femmes qui a travaillé avec plus de 3 000 femmes depuis 15 ans. Son parcours l'a fait quitter son pays natal, l'Autriche, pour l'amener entre autres en France, en Belgique et au Luxembourg, toujours accompagnée de l'autodéfense. Elle vit actuellement à Bruxelles.
Non, c'est non est le premier manuel d'autodéfense à l'usage de toutes celles "qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire". Le texte intégral est gratuit sur internet.
Interview de l'auteure :
Tout d'abord, j'ai été fort surprise à mon arrivée en francophonie de voir que l'autodéfense pour femmes n'était pas très répandue, même pas dans les milieux féministes. Il y avait une formatrice ici et là, mais pas vraiment un mouvement comme je le connaissais de l'Autriche, de l'Allemagne ou des Pays-bas, avec des centres de formation, des fédérations, des camps de vacances, des journaux... Par exemple, dans les pays germanophones, c'est tout à fait accepté pour Mme Toutlemonde de suivre une formation d'autodéfense sans se voir traitée de frustrée, de trouillarde ou de haïsseuse d'hommes. Chez nous, c'est considéré un peu comme un cours de mécanique de voiture, de premiers secours ou de plomberie do-it-yourself... quelque chose qui rend la vie plus agréable et la femme plus autonome (ce qui va ensemble bien évidemment). Mais alors en Belgique - où j'ai d'abord atterri, mais je pense qu'en France, ça doit être pareil - la chanson était très différente: ce serait encourager la guerre entre les femmes et les hommes, ce serait sexiste de travailler uniquement avec des femmes, et de toute façon, une femme n'aurait jamais une chance contre un mec et ce ne serait que leur donner une fausse confiance en elles...
J'ai donc ressenti beaucoup de hésitation et méfiance face à cette idée "révolutionnaire" qu'en tant que femmes, nous avons, juste avec les moyens de bord, des bonnes chances de nous en sortir de la majorité des situations d'agressions, que nous ne sommes pas damnées à être des éternelles victimes. Ca n'a fait que renforcer ma détermination. C'est pourquoi j'ai créé mon association Garance: pour promouvoir l'autodéfense comme un moyen efficace de prévention primaire des violences faites aux femmes et aux filles. Dans mon travail, une lacune était qu'il n'y avait rien d'écrit en français sur l'autodéfense. J'ai donc eu l'idée, il y a quelques années déjà, d'écrire un livre d'autodéfense comme il en existe de nombreux exemples dans d'autre langues. J'ai commencé à collecter des données, à développer une structure, à mettre de l'ordre à toutes ces idées qui bouillonnent dans ma tête.
J'ai trouvé un éditeur, ou plutôt, Editions Zones m'a trouvée et m'a proposé de réaliser ce livre. Pour moi, c'était un argument fort de positionner le sujet d'autodéfense dans une ligne rédactionnelle critique, de gauche, et non dans une édition style guide Marabout. L'autodéfense est tellement plus qu'une liste de choses à ne pas faire ou à faire comme on les trouve dans les livres de selfhelp. C'est tout ce qui rend la vie plus sûre, et ça se passe au quotidien, dans les petites choses de la vie et non seulement face au grand méchant agresseur. Et que le livre soit accessible gratuitement sur Internet, c'était la cerise sur le gâteau. Je suis très reconnaissante vis-à-vis de Zones de m'avoir donné cette chance de toucher un grand nombre de femmes avec le moins d'obstacles possible.
Le processus de rédaction a finalement été très court, en trois, quatre mois, c'était dans la poche. Comme le français n'est pas ma langue maternelle, je n'ai même pas essayé de copier le français académique des intellectuel/le/s, mais j'écris comme je parle. Et j'ai eu un petit comité de relecture qui a corrigé toutes mes fautes de français, enfin, je l'espère... Ce n'est donc pas de la grande littérature, car ce qui compte pour moi, c'est le contenu. Je suis plutôt du genre pragmatique, et vous lirez dans Non c'est non tout ce qui peut marcher. Si je vous déconseille telle ou telle stratégie, alors j'explique pourquoi je la trouve risquée, mais ça reste toujours encore le choix de chaque lectrice si elle veut ou non prendre ce risque. Ecrire un livre, surtout si cela touche une partie tellement important de ma vie, c'est aussi se dévoiler. Parfois ça me fait peur, car le public pourra faire avec cette partie de moi ce qu'il veut. Mais je crains que c'est le prix à payer quand on veut dépasser les limites des contacts personnels dans le formations et s'adresser à beaucoup plus de femmes.
Irene Zeilinger
Bibliographie :
"FraUmWelt. Eine Tagung zur Verstrickung von Ökologie- und Frauenbewegung." (éditrice responsable) ÖkoBüro, Vienne 1995.
"Family Support Systems and Older Women in Sub-Saharan Africa." Dans : "Ageing in a Gendered World : Women’s Issues and Identities", United Nations International Training and Research Institute INSTRAW, Santo Domingo 1999, pp. 179 – 198.
"Entre visibilité et invisibilité : les lesbiennes face à la violence dans l’espace public." Dans : Denèfle (ed.) : "Femmes et Villes." Presses universitaires François-Rabelais, Tours 2004, pp. 195 – 275.
"Globale Brutalität. Globalisierung und Gewalt gegen Frauen an der mexikanisch-amerikanischen Grenze." Dans : Thallmayer/Eckert (ed.) : "Sexismen und Rassismen. Lateinamerikanerinnen zwischen Alter und Neuer Welt." Promedia, Vienne 2004, pp 41-49.
"Échappez belle ! Guide pratique de sécurité pour femmes." brochure, Bruxelles 2005. (lien vers version pdf sur www.garance.be)
"Le corps à corps en tout genre" Interventions au colloque de Sophia, octobre 2005.(lien vers version pdf sur www.garance.be)
Manuel pour la formatrice en autodéfense pour femmes adultes. Garance ASBL, Bruxelles 2006.
"Femmes 55% actrices de leur sécurité". Garance ASBL, Bruxelles 2007 (lien vers version pdf sur www.garance.be)
"Ma sécurité et moi". Les femmes 55+ à Bruxelles-Capitale comme actrices de leur sécurité; une enquête exploratoire. Garance, Bruxelles 2007. (lien vers version pdf sur www.garance.be)

En tant que femmes nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, à degrés divers, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non.
L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petites et grands moyens de se sentir fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans touts les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique.
Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ?
Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser efficacement ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal...
Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
S'inspirant des formes de résistance élaborées par les mouvements féministes des années 1970, Irène Zelinger, sociologue et professeur d'autodéfense a compilé dans ce manuel des conseils qu'elle prodigue depuis quinze ans à des centaines de femmes et de jeunes filles, en Europe et en Amérique latine. Il ne s'agit pas d'un manifeste, mais plutôt d'un recueil de recettes à appliquer en réponse aux petites ou grandes manifestations de machisme. Un livre utile. En France, 1,5 millions de femmes subissent chaque année des violences physiques graves. Sur le ton du coach, l'auteur explique comment neutraliser son agresseur, en visant ses points les plus vulnérables: oreilles, larynx, plexus solaire, etc. Mais, bien avant d'en venir aux mains, elle conseille de déstabiliser l'adversaire par la parole et le contrôle de ses émotions. Le maître mot est la confiance en soi. En cela, ce "Petit Manuel" pourrait être utile aux hommes autant qu'aux femmes, et s'adresse surtout aux êtres humains en situation d'interaction. Un livre à garder dans son sac, plus efficace qu'une bombe lacrymogène.
Le Nouvel Observateur
Commentaires :
En général, je n’ai pas peur. Je n’ai pas peur de me faire attaquer dans la rue, je n’ai pas peur de me faire attaquer dans les bois, je n’ai pas peur qu’on cambriole ma maison ou qu’on me pique mes affaires dans le train. Ce n’est pas à cause de ma peur que j’ai adoré lire « Non c’est non », mais à cause de ma colère. Une colère que j’oublie, la plupart du temps – et quand je me souviens d’elle, c’est qu’il est trop tard, je suis déjà noyé dedans. Il y a beaucoup de phrases du livre que j’aimerais citer, mais prenons celle-ci : « Régulièrement, les participantes à mes cours me demandent pourquoi certaines personnes utilisent la violence, et d’autres pas. » Combien de fois, combien de temps j’ai passé à me poser cette question, à ressasser ce que j’aurais pu dire, ce que j’aurais pu faire, et pourquoi les autres disposaient de ces armes et pas moi, combien de temps perdu à faire de la psychologie stupide, à me dire que je ne suis pas quelqu’un de violent, que je n’ai pas assez de colère et que comme les autres en ont plus, ils gagnent et je perds – alors qu’en réalité, j’ai tellement de colère !
Et la réponse d’Irène Zeilinger, lumineuse : « En général, ma réponse est que cela n’a aucune importance (…). Nous n’avons pas besoin de connaître les traumas d’enfance, le taux hormonal, l’éducation machiste ou les mauvaises intentions tout court d’un agresseur pour pouvoir le mettre hors d’état de nuire. Il suffit de savoir que nous nous sentons agressées pour entamer une défense, et les raisons d’être de cette agression ne nous concernent pas. »
La violence quotidienne, ce n’est pas seulement la violence physique – c’est même très rarement la violence physique – c’est surtout la violence des rapports de pouvoir. « Non c’est non » se sert des leçons du féminisme pour démonter ces rapports de pouvoir et nous aider à leur échapper. C’est aussi vraiment un livre militant, qui transmet l’expérience et les convictions de son auteur : en lisant on a un peu l’impression de parler avec elle et d’avoir rencontré quelqu’un de passionné, et passionnant.
Mathilde Fournier
Son association "Garance" propose des cours d’autodéfense pour femmes en Belgique, en France et ailleurs : http://www.garance.be
http://www.tetu.com
http://www.editions-zones.fr
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