Renée Vivien

 

Née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 » fut une poétesse du courant parnassien de la Belle Époque.

 

Renée Vivien était la fille d’une mère américaine et d’un père écossais fortuné qui mourut en 1886, lui laissant un héritage qui la mettait à l’abri du besoin. Après sa scolarité, au cours de laquelle elle se fait remarquer par son attachement pour son amie de jeunesse Violet Shillito, effectuée à New York, Paris et Londres, elle s’établit, à partir de 1899, comme écrivaine à Paris sous le nom de R. Vivien, René Vivien, puis de Renée Vivien. Elle voyagea cependant beaucoup à travers le monde. Elle eut une relation orageuse avec Natalie Barney, puis avec Hélène de Zuylen avec laquelle elle a eu, jusqu’à 1907, une liaison plus stable que celle qu’elle entretenait auparavant avec Natalie Barney, cette relation a apporté à Renée Vivien un équilibre émotif bénéfique à sa création littéraire, rédigeant même quatre ouvrages en collaboration avec elle sous le pseudonyme collectif de Paule Riversdale.

 

Son premier recueil de poèmes, Études et préludes, parut en 1901. D’autres suivront. Des vers qui rappellent ceux où Baudelaire et Verlaine avaient chanté les amours lesbiennes – Renée Vivien cependant, les avaient vécues. Elle mourut à l’âge de trente-deux ans (affaiblie, sans doute par une tentative de suicide, et de s’être laissé mourir de faim par désespoir sentimental.)

 

 

Les fleurs, les parfums, la mer, les couleurs et les paysages font partie intégrante de l’œuvre de Renée Vivien.
Parmi les fleurs, elle affectionnait tout particulièrement les violettes. Pourquoi ces fleurs ? En souvenir de sa meilleure amie d’enfance, Violette Shillito, jeune pianiste et écolière surdouée, avec laquelle Vivien partageait une même passion pour Dante et la poésie. Les violettes sont également citées dans l’œuvre de Sappho à qui Vivien vouait un culte.
C’est d’ailleurs pourquoi la couleur violette est devenue emblématique de la communauté homosexuelle féminine.

 

 

 

Texte de Renée Vivien et tableau de Lolita Lempicka.


Vivien voyageait beaucoup, parfois jusqu'à six mois dans l'année.
Ses lieux de prédilections : Mytilène, Constantinople, et le Japon qu'elle découvre en 1906.

Quelques voyages :

1903 : Madrid, Tolède, Séville et Londres.

1904 : visite d’une quinzaine de villes en Allemagne, Hollande, Suisse et Italie.

1905 : Menton, Gênes, San Remo, Londres, Mytilène, Constantinople, Ultrecht, Lorelei, Cologne, Bâle, Fiesole, Florence, Bellagio, Londres.
Long voyage méditerranéen : Genève, Naples, Capri, Corfou, Athènes, Smyrne, Jérusalem, Bethléem, Le Caire, Alexandrie.

1906 : Nice, Marseille, le Japon, et quatre voyages Mytilène Constantinople.

1907 : Naples, Londres. Le Japon en août et septembre.
Vivien parlait peu de ses voyages mais une lettre a été retrouvée dans laquelle on peut lire ce beau passage : "J'ai entrevue la merveille égyptienne, l'enchantement des Pharaons disparus, Isis aux ailes vertes qu'elle étend en signe de protection sur les morts, Anubis à tête de vautour qui pèse leur coeur dans la balance suprême, Néphtys, la déesse qui attend et qui considère l'âme craintive.

Oui, j'ai vu tout cela et je suis revenue avec le désir de voir encore, de voir autre chose, de voir jusqu'à ce que je devienne aveugle, de tout voir sur la Terre et de voir jusque dans l'Au-delà. On ne voit jamais assez loin, on ne voit jamais assez." (Lettre citée par Jean-Paul Goujon, Tes blessures sont plus douces que leurs caresses, p. 218.)

 

 

 

Je t'aime d'être faible…

Je t'aime d'être faible et câline en mes bras
Et de chercher le sûr refuge de mes bras
Ainsi qu'un berceau tiède où tu reposeras.
Je t'aime d'être rousse et pareille à l'automne,
Frêle image de la Déesse de l'automne
Que le soleil couchant illumine et couronne.
Je t'aime d'être lente et de marcher sans bruit
Et de parler très bas et de haïr le bruit,
Comme l'on fait dans la présence de la nuit.
Et je t'aime surtout d'être pâle et mourante,
Et de gémir avec des sanglots de mourante,
Dans le cruel plaisir qui s'acharne et tourmente.
Je t'aime d'être, ô soeur des reines de jadis,
Exilée au milieu des splendeurs de jadis,
Plus blanche qu'un reflet de lune sur un lys…
Je t'aime de ne point t'émouvoir, lorsque blême
Et tremblante je ne puis cacher mon front blême,
Ô toi qui ne sauras jamais combien je t'aime !

Renée Vivien

 

 

 

 

 

 

Ton Ame 

Ton âme, c'est la chose exquise et parfumée

Qui s'ouvre avec lenteur, en silence, en tremblant,

 
Et qui, pleine d'amour, s'étonne d'être aimée.

 
Ton âme, c'est le lys, le lys divin et blanc.


Comme un souffle des bois remplis de violettes,


Ton souffle rafraîchit le front du désespoir,


Et l'on apprend de toi les bravoures muettes.


Ton âme est le poème, et le chant, et le soir.


Ton âme est la fraîcheur, ton âme est la rosée,

 
Ton âme est ce regard bienveillant du matin


Qui ranime d'un mot l'espérance brisée...

Ton âme est la pitié finale du destin.

 

Poème de Renée Vivien, Cendres et Poussières, 1902
Photographie de Gérard Chesnea

L'œuvre complète de Renée Vivien consiste en :

    * 12 Recueils de poésie, soit plus de cinq cent poèmes,
    * 2 Ouvrages de traductions de poétesses grecques,
    * 7 volumes de prose,
    * 1 roman,
    * Des nouvelles,
    * Ses correspondances avec Natalie Clifford Barney et Kérimé Turkam Pacha.

 

Œuvres

  • Études et préludes (1901), recueil de poèmes
  • Cendres et poussières (1902), recueil de poèmes
  • Brumes de Fjords, (1902), prose poétique, les critiques la saluent comme le "grand poète de l’année"
  • Évocations (1903), recueil de traductions modernes et d'adaptations des textes de la prêtresse Sappho,
  • Du vert au violet (1903), prose poétique, première signature Renée Vivien
  • Une femme m’apparut (1904), roman autobiographique
  • La Dame à la louve (1904), nouvelles
  • Les Kitarèdes (1904), traductions modernes de huit poétesses grecques
  • La Vénus des aveugles (1904), recueil de poèmes
  • Une femme m’apparut (1905), nouvelle version de son roman autobiographique
  • À l’heure des mains jointes (1906), recueil de poèmes
  • Flambeaux éteints (1907), recueil de poèmes
  • Chansons pour mon ombre (1907), anthologie poétique
  • Plusieurs proses ironiques et satiriques (1907).
  • L’Album de Sylvestre (1908), volume d’aphorismes
  • Sillages (1908]), recueil de poèmes et de prose poétique
  • Anne Boleyn (1909), biographie
  • Anthologie de ses poèmes en prose après remaniement (1909)
  • Dans un coin de violettes recueil posthume de poèmes
  • Le Vent des vaisseaux recueil posthume de poèmes
  • Haillons recueil posthume de poèmes

 

 

À l'instar de Natalie Barney, plus connue parce que plus mondaine, Renée Vivien a radicalement rejeté les valeurs machistes de son temps pour créer un univers exclusivement féminin, organiser des soirées littéraires et tenter de recréer un cénacle de poétesses à l'image de celui qu'à animé Sappho au VIe siècle avent Jésus-Christ.

Ensuite et surtout parce qu'elle est la première femme, plus de vingt siècles après Sappho, à avoir bâti toute son oeuvre sur l'affirmation de son amour pour les femmes, à une époque où le discours lesbien était l'apanage des hommes.

De ce fait, elle peut être considérée comme un véritable précurseur, un pilier de la culture lesbienne contemporaine.

 

 

Sources:

http://www.reneevivien.com/
http://www.florilege.free.fr/florilege/vivien/
http://lezzone.over-blog.com/article-3160605.html
http://bonnes.unblog.fr/2007/04/18/renee-vivien-1877-1909

 

 

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