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La Grande Vadrouille

 

 

 

Réalisé par Gérard Oury
Avec Bourvil, Louis De Funès, Claudio Brook
Film français.
Genre : Comédie, Guerre
Film culte seconde guerre mondiale
Durée : 2h 12min.
Année de production : 1966

 

Après Le Corniaud, Oury offre un second "road movie" comique au tandem comique constitué par de Funès et Bourvil sur fond de Seconde Guerre mondiale et d'Occupation. Louis de Funès, inénarrable en petit teigneux égoïste, trouve là sans doute son meilleur rôle face à un Bourvil plus niais et sentimental que jamais.

 

 

Du fait de la nature comique du film, les rapports de force entre les personnages sont peu nuancés et donc assez faciles à identifier.

Le couple central est bien sûr constitué par Stanislas et Augustin. Au début du film, ils ne se connaissent pas et tout semble les opposer : l’un est paisible, l’autre colérique ; l’un généreux, l’autre égoïste ; l’un est un manuel, l’autre un artiste. Augustin a conscience des différences qui existent entre eux et des valeurs qui leur sont associées : lorsque Stanislas considère qu’il est normal que le meilleur vélo lui échoie mais qu’il ne parvient pas à dire pourquoi il trouve cela normal, c’est Augustin qui lui en fournit l’explication.

 

 

En 1942, pendant l'Occupation de la France, l'avion de trois aviateurs britanniques est abattu par la Flak (canons antiaérien) allemande. Réfugiés dans Paris, deux d'entre eux sont cachés par un peintre en bâtiment, Augustin Bouvet, et un chef d'orchestre acariâtre, Stanislas Lefort, qui vont devoir les diriger vers la zone libre d'où ils seront renvoyés au Royaume-Uni.

 

 

 

On retiendra des scènes d'anthologie, comme la confusion des chambres d'hôtel qui fait dormir l'un et l'autre aux côtés d'un soldat allemand, ou le mitraillage des avions par un artilleur bigleux, ou encore le jeu de chaise musicale ou des bains turcs.

 

 

 

La photographie de Claude Renoir ajoute au film une lumière particulière qui baigne le cadre bourguignon : Meursault, les Hospices de Beaune...

 

Augustin ne cautionne bien sûr pas cette affirmation, mais il indique par sa remarque que ce point de vue est largement représenté dans la société : les métiers manuels sont considérés comme étant inférieurs aux métiers dits intellectuels. Une inégalité sociale plaçant Stanislas en position de supériorité existe donc entre les deux personnages.

Augustin représente donc le type même du naïf qui se fait certes exploiter, mais qui est favorisé par la chance – conformément à la justice que l’on est en droit d’attendre dans une comédie ! Le rapport des forces entre les deux compagnons est donc déterminé par cette double inégalité qui, pour finir, les met à égalité !

D’autres rapports de force interviennent dans le film et fournissent une trame qui, sur la base de sentiments de sympathie ou d’antipathie, permet d’accélérer ou de ralentir l’action. Si Juliette et la soeur Marie-Odile, en raison de leur sympathie l’une pour Augustin et l’autre pour les Anglais, permettent aux fuyards d’accéder à la zone libre, le Major Achbach et les Allemands en général, dont l’antipathie est moins affective que statutaire, ralentissent au contraire le parcours des fuyards.

Le film de Gérard Oury présente la caractéristique de mêler des éléments issus de genres cinématographiques variés et de les harmoniser avec habileté.

La Grande Vadrouille est donc un condensé de plusieurs films à double titre : le film de Gérard Oury mêle film d’action, western, film d’amour, comédie et road-movie, mais il contient aussi, par le biais des deux acteurs principaux, des références aux films antérieurs tournés par ces deux acteurs.

Ici, il est indéniable que c’est le genre comique qui domine, ce qui relève du choix du réalisateur et ce qui est également dû à la présence des deux acteurs comiques que sont Bourvil et Louis de Funès.

En choisissant Louis de Funès pour interpréter un des deux personnages principaux, Gérard Oury a placé au premier plan ce qui fait la spécificité du jeu de Louis de Funès : l’importance des mimiques, des exclamations, des exagérations et des grands gestes accompagnant le discours.

La dimension grand-guignolesque de son jeu est d’une efficacité comique d’autant plus remarquable qu’elle est à la fois maîtrisée à la perfection et mise en scène.

Les quiproquos situationnels de La Grande Vadrouille constituent le deuxième grand ressort comique utilisé. Les dénombrer reviendrait presque à citer tout le film.

Dans la mesure où ils introduisent une déviance par rapport à l’attente du spectateur, les contrastes constituent eux aussi un élément comique. La frêle soeur Marie-Odile transformée en cavalier intrépide est aussi inattendue que le recours à des citrouilles pour freiner la poursuite de la camionnette par les Allemands.

Un dernier point mérite d’être souligné sachant qu’il est typique de ce genre de films : toutes les actions représentées n’ont aucune réelle gravité. Malgré les nombreuses cascades et explosions, aucun personnage ne meurt dans le film. Toutes les séquences sont traitées sur le mode de la dérision, comme si rien de terrible ne pouvait arriver. Le film comique français tel que l’a créé Gérard Oury n’admet pas le moindre épisode tragique.

 

LA Comédie !! Le film parfait sur tous les points ! Des répliques savoureuses, des scènes d'anthologie. Jamais on ne se lasse de le voir et le revoir !

C-sile

 

Petits bonus pour la route :

Stanislas : If I go to the turkish bath, I risque, I risque énormément. But if I reste ici, I risque encore plus... So, I risque on the two tableaux !

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Augustin : Bah, euh, vous chaussez du combien ?
Stanislas : C'est du comme vous.
Augustin : Ah bon !

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Command allemand : Parlez ! Allons !
Stanislas : Eh ben, b...bin, i...il, il est b.., il est..., il est bé....
Command allemand : Votre explication ne me suffit pas !
Stanislas : Mais c'est pourtant clair.

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Commandant allemand : De moi vous osez vous foutez ? Je sais qu'il nous manque deux aviateurs anglais !
Stanislas : Combien ?
Commandant allemand : Deux !
Augustin : Oh ça fait pas tellement...

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Augustin : Ca m'étonne, ils étaient plutôt sympathiques ces Anglais !
Stanislas : Sympathiques ? the-the-the-the-the-the !
Augustin : Vous avez eu une nurse anglaise, vous !

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La Nonne : Vous aimez bien tout ce qui est bon ? ... Et bien c'est très mauvais !

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Augustin : y a pas d'hélice hélas
Stanislas : c'est là qu'est l'os

 

Pour en savoir plus :

http://www.kultur-frankreich.de/cinefete/4/dossiers/vadrouille.pdf
http://www.201267.net/?gclid=CKWy3MiOw4sCFQjaXgodyRBeDA
http://users.skynet.be/bourvil/

 

 

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