Réalisé par Chris Weitz
Avec Dakota Blue Richards, Nicole Kidman, Daniel Craig Plus...
Film américain.
Genre : Fantastique, Aventure
Durée : 1h 54min.
Année de production : 2007
Titre original : His Dark Materials: The Golden Compass
Distribué par Metropolitan FilmExport
Lyra, 12 ans, est une orpheline rebelle qui vit à Jordan College, un établissement de l'Université d'Oxford, dans un monde parallèle qui ressemble au nôtre mais qui a évolué de façon un peu différente. Elle a pour compagnon Pantalaimon, son dæmon, un être capable de prendre de nombreuses formes animales.
Le monde de Lyra est en train de changer. L'organisme gouvernemental global, le Magisterium, resserre son emprise sur le peuple. Ses sombres activités l'ont poussé à faire enlever des enfants par les mystérieux Enfourneurs. Parmi les gitans, qui ont perdu beaucoup des leurs, court une rumeur : les enfants sont emmenés dans une station expérimentale quelque part dans le Nord, et on pratique sur eux d'abominables expériences...
Lorsque Roger, le meilleur ami de Lyra, disparaît à son tour, la petite fille jure d'aller le chercher, jusqu'au bout du monde s'il le faut...

A la Croisée des Mondes : la Boussole d'Or est le premier volet de l'adaptation de la série de romans du Britannique Philip Pullman, Les Royaumes du Nord (His Dark Materials en version originale), vendue à 14 millions d'exemplaires à travers le monde. Elle est composée de Les Royaumes du Nord (1995 - lauréat de la Canergie Medal), La Tour des Anges (1997) et Le Miroir d'Ambre (2000 - récompensé par le prestigieux Whitbread Book of the Year Award, prix qui n'avait encore jamais été décerné à un livre jeunesse). En 2005, Philip Pullman, auteur par ailleurs des aventures de Sally Lockhart, s'est également vu décerner par le gouvernement suédois l'Astrid Lindgren Memorial Award, second prix littéraire au monde après le Prix Nobel. Adaptée ici pour la première fois au cinéma, son oeuvre avait déjà été transposée à la radio en 2003 puis sur scène en 2004.

Aussi surprenant que cela puisse paraître pour un projet de cette envergure, la réalisation de A la croisée des mondes : la boussole d'or a été confiée à Chris Weitz, réalisateur... du délirant American Pie en 1999. Son frère Paul Weitz, co-réalisateur du teen-movie, assurant la production exécutive de cette adaptation. Car Chris Weitz n'est pas qu'un trublion doué pour mettre en scène les galipettes d'un ado avec une tarte aux pommes : il a étudié à l'université la poésie anglo-saxonne et notamment l'oeuvre de John Milton (dont Le Paradis Perdu), influence majeure de la trilogie de Philip Pullman. La passion de Weitz pour les romans de Pullman, née au début des années 2000, a su convaincre les pontes de la New Line de lui confier le scénario (qui ont écarté du coup une première version signée Tom Stoppard, auteur entres autres de Shakespeare in Love), puis la réalisation. D'abord intimidé et pensant ne pas avoir les épaules pour ce travail (le poste sera un temps offert à Anand Tucker, réalisateur de Shop girl), Chris Weitz reviendra finalement sur sa décision, avec en tête deux principes : rester fidèle à l'univers des romans, et ne pas trahir leur esprit. Il sera, dans ce sens, soutenu tout au long de la production par Philip Pullman, premier conseiller de l'équipe. Pour l'anecdote, Chris Weitz a écrit la plus grande partie du scénario à Svalbard en Norvège, à 1 500 km au nord d'Oslo, lieu clé de La Boussole d'or.

A la croisée des mondes : la boussole d'or est produit sous l'égide des studios New Line Cinema, à qui l'on doit La trilogie du Seigneur des anneaux. On retrouve ainsi à la production exécutive Mark Ordesky, Michael Lynne et Robert Shaye (tous deux co-dirigeants de New Line), déjà présents au générique de la trilogie de Peter Jackson. Seul différence majeure : s'ils avaient pris le risque de se lancer dans l'aventure de l'Anneau en finançant une trilogie tournée simultanément, ils n'ont produit que le premier volet de A la croisée des mondes, les deux autres opus n'étant mis en chantier qu'en cas de succès. La faute, sans doute, à un très lourd budget, deux fois plus élevé que celui de La Communauté de l'anneau (180 M$ contre 93 M$).

Gandalf et Saroumane ne sont pas loin...
Le Seigneur des anneaux, Ian McKellen et Christopher Lee sont tous deux de l'aventure A la croisée des mondes : le premier dans le rôle (vocal) de l'ours en armure Iorek Byrnison (en remplacement de Nonso Anozie, initialement choisi par le réalisateur Chris Weitz), le second dans celui d'un membre du Magisterium.
En participant à la saga A la croisée des mondes, Christopher Lee inscrit son nom à une nouvelle franchise majeure après sa participation à James Bond, Le Seigneur des anneaux et Star Wars.

Parvenir à retranscrire à l'écran la relation entre Lyra et l'ours en armure Iorek Byrnison était l'un des défis majeurs de cette adaptation. Le producteur Toby Emmerich explique : "Lorsque j'ai lu le livre, j'ai été séduit par les liens qui se développent entre Lyra et Iorek. Chris Weitz a magnifiquement transcrit cela dans son film, il a réussi à saisir l'interprétation remarquable de Dakota Blue Richards et l'éblouissante prestation voix de Ian McKellen, et à les unir à la perfection avec d'extraordinaires images de synthèse qui paraissent vivantes. Cette relation hors du commun entre une petite fille et un ours ne pouvait exister que dans le monde de Lyra, mais elle nous apparaît comme profondément humaine et chargée d'émotion." Dakota Blue Richards ajoute : "Iorek est la seule personne que Lyra pense meilleure qu'elle. Il est le seul qu'elle accepte réellement de reconnaître comme plus grand, plus fort et plus courageux qu'elle. Elle admire d'autres personnes, elle comprend qu'elles sont importantes, mais Iorek est la seule exception à sa conviction qu'elle est la meilleure." Pour le superviseur des effets visuels Michael L. Fink, "Iorek n'est pas un ours polaire, c'est un panserbjorne, un ours qui parle et porte une armure. Quand nous animons chaque partie de cet ours, qu'il coure à travers un fjord avec Lyra sur le dos, qu'il soit en train de combattre ou simplement de discuter, ses muscles, ses expressions, même le mouvement de sa fourrure, tout doit être d'une précision sans faille, unique, appartenant à ce seul personnage à ce moment précis. (...)
Les personnages en images de synthèse devaient jouer aussi bien que les acteurs humains. Il fallait qu'on puisse oublier le côté technique, la fourrure, l'armure, les éraflures, la saleté sous les griffes, pour ne plus faire attention qu'à l'émotion de leur interprétation. On devait oublier la technique pour ne plus voir que l'être vivant."

La chef-costumière Ruth Myers revient sur ses inspirations : "Nous avons voulu apporter aux gitans une certaine ethnicité, ils devaient donner l'impression de venir de toutes sortes d'endroits différents. Pour Mme Coulter, nous avons choisi l'époque la plus glamour possible, et avons pris pour référence des stars de cinéma des années 30 et 40, puis nous avons fait évoluer ses costumes. Les robes de Serafina Pekkala sont assez destructurées, et la tenue de l'émissaire du Magisterium devait projeter une image d'autorité. Même la transformation de Lyra, qui est d'abord une jeune fille peu soignée puis devient une jeune beauté maquillée et apprêtée grâce à Mme Coulter, avant d'évoluer à nouveau tandis qu'elle voyage vers le Nord, reflète précisément sa conscience grandissante d'elle-même."

La chef-monteuse du film n'est autre que Anne V. Coates, 87 ans, récompensée par un Oscar en 1963 pour son travail Lawrence d'Arabie. Le réalisateur Chris Weitz revient sur cette collaboration d'exception : "Lawrence d'Arabie est à mon sens le plus grand film jamais fait, et j'ai toujours eu envie de travailler avec Anne Coates. Il se trouve qu'elle aimait les livres. C'est fantastique pour moi : j'ai pu travailler avec l'une des plus grandes monteuses de tous les temps. Anne a apporté une grande richesse à la narration. Elle est très rapide, très consciente des effets visuels."

La musique de A la croisée des mondes : la boussole d'or est signée Alexandre Desplat. Lauréat du César de la Meilleure musique de film et de l'Ours d'Argent en 2006 pour De battre, mon coeur s'est arrêté, le compositeur français était déjà à l'oeuvre, hors de nos frontières, sur les scores de La jeune fille à la perle, Birth, Otage, Casanova, The Alibi, Firewall, The Queen, Le Voile des illusions (Golden Globe en 2007), Lust, Caution, Le Merveilleux magasin de Mr Magorium et surtout Syriana, qui lui offre une nomination à l'Oscar en 2007.
Petit lexique
Le Magisterium : Ensemble des conseils qui forment le coeur du gouvernement dans le monde de Lyra. Le Magisterium resserre son contrôle sur la population, et cherche à éliminer le libre arbitre. Il a déclaré hérétiques les recherches de Lord Asriel sur la Poussière.
Les Lumières du Nord (Aurora Borealis) : Les orages de particules chargées et les rayons solaires d'une très grande intensité provoquent une radiation lumineuse lorsqu'ils entrent en contact avec l'atmosphère. Ce phénomène se produit dans les territoires du Nord. Lord Asriel pense que ces Lumières masquent une magnifique cité dans le ciel.
Le Nord : Les régions du Nord sont d'une grande beauté et d'une grande diversité, mais présentent de multiples dangers. C'est là que vivent les ours en armure, les Tartares, les sorcières, et d'innombrables créatures. Lord Asriel a photographié la Poussière et une sorte d'autre monde dans l'Aurore, lorsqu'il se trouvait dans un avant-poste au Nord.

Panserbjornes : Les panserbjornes sont des ours en armure qui vivent dans la région de Svalbard, au Nord. N'étant pas humains, ils ne possèdent pas de dæmons, mais comparent les armures qu'ils se forgent eux-mêmes à leur âme.
Photogramme : C'est une sorte d'image photographique, de diapositive.
Samoyèdes : Peuple de chasseurs du Nord qui kidnappent Lyra et l'emmènent à Bolvangar.
Mouches-espions : Petits insectes mécaniques. Certains prétendent qu'une âme est prisonnière à l'intérieur du mécanisme...
Svalbard : Une région du Nord inhospitalière et glacée habitée par les ours en armure.
Tartares : Peuple guerrier vivant dans le Nord.
Sorcières : Ce sont des êtres féminins qui voyagent à travers les airs et vivent plusieurs siècles.
L’adaptation est assez fidèle au livre. De plus, les effets spéciaux sont de toute beauté. On se laisserait volontiers porter vers ce monde imaginaire…
Par contre, le film se termine avant la fin du premier tome. Ca laisse un léger suspens mais on peut avoir un petit aperçu du second film dans les différentes bandes-annonces de La Boussole d’Or qui montrent certaines scènes de La Tour Des Anges.
Ayame
J’ai pas lu les livres et j’en suis bien contente car au moins j’ai pu apprécié le film à sa juste valeur, et j’ai adoré, apprécié. Les images sont vraiment extraordinaire, les paysages magiques, somptueuses. Les acteurs sont également géniaux. L’histoire est vraiment surprenante et magique. La jeune héroïne est excellente, la grande bataille est très bien faite, très rythmée… wouah ! Un très beau film à voir et à revoir…
Speed-TT