Témoignage d’une dame âgée
Profitez de votre jeunesse, vous qui me lisez, car moi la vieillesse s’est emparée de ma vie. Je sais que ma mémoire grésille à ma voix tremblante. D’ailleurs, tout mon corps est devenu trop lourd pour mes jambes. J’aurais voulu revenir sur mes pas afin de réaliser mes « rêves », mais le sort a réservé un éclairage différent à mes envies.
J’avais un espace trop restreint, après mes exploits de travail acharné, pour accrocher les encadrements d’un itinéraire de voyage désiré. Pourtant, je n’ai pas vu que des malaises m’empêcheraient d’y parvenir. J’ai entrevu le train passé et je n’ai pu embarquer à bord, donc je remis toujours à plus tard mes projets, continuant d’imaginer tous mes souhaits selon la possibilité du vouloir.
Mon écoute fut constamment à l’affût des malheurs des autres qui hantaient parfois mon sommeil. Bien sûr, de part mon métier de vendeuse quelque fois très prenant, d’autres me racontaient leurs histoires plus joyeuses, car dans mon temps le travail s’avérait nécessaire pour ma famille de 5 enfants. Malheureusement, lorsque je n’ai pu continuer, c’est la maladie qui fit des siennes. Bien triste réalité. Alors, voilà ce qui en est. J’ai estimé, bien humblement, que mon témoignage serait probablement nécessaire aux « rêveurs » et « rêveuses » de ce monde. Donc vous qui possédez encore votre jeunesse et qui pouvez agir, sachez en jouir.


Imagination
Les chimères peu fondées qui trouvent le trajet de l’esprit à l’ouverture d’un rêve. Quelle invention ! L’art de trouver une explication de l’image inventée par nos pensées magiques, est l’invité quelque fois d’un sourire ou d’une peur vivifiante. Que dire de l’ésotérisme de l’initié, probablement entraîné à ses visions de l’histoire, et qui par escorte peut rassembler toute imagination ? Pensons-nous avoir un porte-voix afin de réaliser le moment somnolent en éveil ? Comme le son d’un coquillage qui mène à croire que les vagues expriment leur ressac à la rive. Ou bien que la brume des montagnes forme une radiologie des nuages. Sûrement, car elle m’a déjà permise de bâtir, de pratiquer une création quelconque. Parfois même des passages d’écriture.
De la voie à mes mœurs, lors des conquêtes, j’ai souvent évité une vie routinière. Peu m’importe, si sa définition aura un effet à votre sens. Elle se doit d’être respectée à sa juste valeur selon le critère dont elle sert à vos priorités. L’ajustement se fait-il en grandissant vers la maturité ? Rythmée par votre conjugaison, elle se rature à votre guise. Elle dérive pareil à un souhait concrétisé par la force du vouloir.
En sirotant mon café, je me suis rappelée cette fille qui parlait à une ombre tellement imaginée qu’elle croyait aux fantômes. Ses parodies dérisoires étaient inaccessibles, au point qu’elle s’est retrouvée en quarantaine à l’établissement prévu à cet état d’esprit. Hystérique, elle criait et s’efforçait de faire disparaître cette mystérieuse imagination. Une anecdote qui frappait ma curiosité. Qui me fait aussi dire qu’elle peut être médicamenté. Personne n’aurait pu dire que sa puissance prendrait une telle ampleur. Je l’ai vu courir après le soleil de son vécu devenu moins lumineux. Si « imaginer » signifie aussi « doser » alors comment pouvait-elle faire pour diminuer la consommation de ce mot ? J’en déduis que c’est sans doute une peur de négation. Je préfère, si c’est le cas, la paresse inimaginable à la noirceur du temps. L’imagination attendrie sera de mise à la pudeur de l’ignorance pour ne pas la raccorder à la spéculation d’incapacité irréalisable. Je continuerai de me servir « d’elle » comme on se sert d’une plume pour écrire ou d’un crayon pour dessiner une esquisse à main- levé. Quelle joie de savoir qu’elle existe !


Âme chère
Quand à l’aube la brise du jour, venu de la mer, frôle ma peau, je pense à toi. Tu sculptes mon corps à la résonance magnétique. Je me sens expatriée de la terre au musée de ton art. J’observe le signe d’hésitation à tes murs de protection. Ta tanière de secrets attire ma main vers ton cœur qui coule « d’amour ».
J’entends ta voix à travers ma musique, sous mon toit, dans ma biographie. Ton regard si doux porte mon cœur à battre la chamade. Je craque à ta sagesse de réflexion à tes gestualités. Tu miroites mon envie de suivre mon instinct de « louve ». Au creux de ta main, j’incline mon visage au destin de tes lignes de vie. Sur ta galerie, je laisse mon odeur qui espère être humé. J’aime envahir tes espaces vides. Permettre l’effeuillage de tes questions solitaires que tu partages avec mes propres questions. Nous formons un nid de paille d’où s’éveille la douceur de nos aveux qui explosent au goût d’enivrer le temps, de rythmer se qui nous enflammes l’une et l’autre.
Le destin se rend manifestant envers la pudeur de mes sentiments avec la blancheur de la lumière parfumée d’éclaircissement de ma mémoire sombre de souvenir. Sur ce chemin inconnu, je me permets d’inviter ma peur à l’apprivoisement car l’amour me fait déposer mes armes à la force de la nature. Si la mer endort les angoisses quand le calme repose ses envies, j’estime que l’amour arrivera à calmer la peur qui spécule les déceptions d’un avenir qu’on peut écrire aussi « à venir ». L’histoire ne sera vécue que si le vécu est l’histoire.
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