
Légende et certitude

Il est près de vingt heures. Le bureau n’est éclairé que d’une lampe sur pied à l’éclat anémique. Se dirigeant vers l’une de ces armoires anglaises qui occupent une partie du salon et qui lui sert de bibliothèque, elle cherche durant quelques secondes, parmi ces bouquins aux titres variés, puis extrait un livre relié d’un cuir sang de bœuf taché en maints endroits et qui porte comme titre « Amazones. » Tout en feuilletant l’ouvrage avec délicatesse, elle s’assoit péniblement sur l’un des divans qui meuble la pièce et se plonge dans cette lecture passionnante, déchiffrant au fur et à mesure les phrases de ce texte ancien de la Grèce antique :
᾿Αμαζόνες γὰρ ῎Αρεως μὲν τὸ παλαιὸν ἦσαν θυγατέρες, οἰκοῦσα δὲ παρὰ τὸν Θερμώδοντα ποταμόν, μόναι μὲν ὡπλισμέναι σιδήρῳ τῶν περὶ αὐτάς, πρῶται δὲ τῶν πάντων ἐφ᾿ ἵππους ἀναβᾶσαι, οἷς ἀνελπίστως δι᾿ ἀπειρίαν τῶν ἐναντίων ᾕρουν μὲν τοὺς φεύγοντας, ἀπέλειπον δὲ τοὺς διώκοντας· ἐνομίζοντο δὲ διὰ τὴν εὐψυχίαν μᾶλλον ἄν δρες ἢ διὰ τὴν φύσιν γυναῖκες· πλέον γὰρ ἐδόκουν τῶν
ἀνδρῶν ταῖς ψυχαῖς διαφέρειν ἢ ταῖς ἰδέαις ἐλλείπειν. Ἄρχουσαι δὲ πολλῶν ἐθνῶν, καὶ ἔργῳ μὲν τοὺς περὶ αὐτὰς καταδεδουλωμέναι, λόγῳ δὲ περὶ τῆσδε τῆς χώρας ἀκούουσαι κλέος μέγα, πολλῆς δόξης καὶ μεγάλης ἐλπίδος χάριν παραλαβοῦσαι τὰ μαχιμώτατα τῶν ἐθνῶν ἐστράτευσαν ἐπὶ τήνδε τὴν πόλιν. Τυχοῦσαι δ᾿ ἀγαθῶν ἀνδρῶν ὁμοίας ἐκτήσαντο τὰς ψυχὰς τῇ φύσει, καὶ ἐναντίαν τὴν δόξαν τῆς προτέρας λαβοῦσαι μᾶλλον ἐκ τῶν κινδύνων ἢ ἐκ τῶν
σωμάτων ἔδοξαν εἶναι γυναῖκες. ᾿
Autrefois vivait près du fleuve Thermodon dans la capitale de Thémiscyra, les filles d’Arès et d’Harmonie que l’on appelait Amazones. Quelques textes indiquent cependant qu’elles étaient originaire des bords du lac Maetis d’où ont les auraient chassées. Dans d’autres on dit que chassées de Thémiscyra, elles seraient remontées au Nord dans une région plus proche de la Scythie. Par ailleurs, lors de leurs expéditions, elles auraient fondé de très nombreuses villes telles Éphèse, Cymé, Smyrne, Paphos et Sinope. C’était une nation de femmes courageuses, vaillantes et infatigables, vivant séparées des hommes, ne se permettant que de courtes relations temporaires dans le but unique de renouveler leur nombre, et se brûlant le sein droit pour se mettre en état de tirer l’arc librement. Elles étaient les seules parmi les peuples d’alentour à revêtir une armure de fer et elles furent les premières de tous à monter à cheval ; grâce à eux, elles pouvaient, à cause de l’incapacité de leurs adversaires surpris, atteindre les fuyards et échapper à ceux qui les poursuivaient. On les considérait plus comme des hommes, à cause de leur courage, que des femmes, selon leur nature ; elles paraissaient en effet supérieures aux hommes par la vigueur de leurs âmes, plus qu’elles ne leur cédaient par leurs corps.

Ἄρχουσαι δὲ πολλῶν ἐθνῶν, καὶ ἔργῳ μὲν τοὺς περὶ αὐτὰς καταδεδουλωμέναι, λόγῳ δὲ περὶ τῆσδε τῆς χώρας ἀκούουσαι κλέος μέγα, πολλῆς δόξης καὶ μεγάλης ἐλπίδος χάριν παραλαβοῦσαι τὰ μαχιμώτατα τῶν ἐθνῶν ἐστράτευσαν ἐπὶ τήνδε τὴν πόλιν. Τυχοῦσαι δ᾿ ἀγαθῶν ἀνδρῶν ὁμοίας ἐκτήσαντο τὰς ψυχὰς τῇ φύσει, καὶἐναντίαν τὴν δόξαν τῆς προτέρας λαβοῦσαι μᾶλλον ἐκ τῶν κινδύνων ἢ ἐκ τῶν σωμάτων ἔδοξαν εἶναιγυναῖκες.Ταῦταδὲοὔτ᾿Αριστόβουλοςοὔτε Πτολεμαῖος οὔτε τις ἄλλος ἀνέγραψεν ὅστις ἱκανὸς ὑπὲρ τῶν τηλικούτων τεκμηριῶσαι.
Alors qu’elles commandaient de nombreux peuples, elles avaient déjà réduit en esclavage ceux qui les entouraient ; ayant entendu parler de la gloire de notre pays, elles conçurent un grand espoir de s’illustrer ; prenant avec elle les plus belliqueuses des nations, elles lancèrent une expédition contre notre cité. Rencontrant des hommes valeureux, elles révélèrent des âmes semblables à ce qu’était leur nature et acquirent une réputation contraire à la première : elles se montrèrent femmes plus à cause des périls qu’à cause de leur corps. Elles surmontèrent toutes les difficultés dans cette marche prodigieuse, et pénétrèrent jusque dans Athènes elle-même ; ce fut là, au cœur même de la ville, que fut livrée la bataille dans laquelle Thêseus les écrasa, bataille décisive, soutenue avec peine, et à un moment douteuse. L’aile gauche des Amazones s’arrêta sur le lieu occupé par le monument commémoratif appelé l’Amazoneion ; l’aile droite touchait la Pnyx, endroit où plus tard furent tenues les assemblées publiques de la démocratie athénienne.

Μόναις δ᾿ αὐταῖς οὐκ ἐξεγένετο ἐκ τῶν ἡμαρτημένων μαθούσαις περὶ τῶν λοιπῶν ἄμεινον βουλεύσασθαι, οὐδ᾿ οἴκαδε ἀπελθούσαις ἀπαγγεῖλαι τήν τε σφετέραν αὐτῶν δυστυχίαν καὶ τὴν τῶν ἡμετέρων προγόνων ἀρετήν· αὐτοῦ γὰρ ἀποθανοῦσαι, καὶ δοῦσαι δίκην τῆς ἀνοίας, τῆσδε μὲν τῆς πόλεως διὰ τὴν ἀρετὴν ἀθάνατον <τὴν> μνήμην ἐποίησαν, τὴν δὲ ἑαυτῶν πατρίδα διὰ τὴν ἐνθάδε συμφορὰν ἀνώνυμον κατέστησαν. Ἐκεῖναι μὲν οὖν τῆς ἀλλοτρίας ἀδίκως ἐπιθυμήσασαι τὴν ἑαυτῶν
δικαίως ἀπώλεσαν.
Elles ne surent pas tirer de leçons profitables de leurs malheurs pour prendre de meilleures décisions par la suite ; elles ne revinrent pas chez elles pour annoncer leur propre malheur et la vertu de nos ancêtres ; car c’est sur notre sol qu’elles périrent et qu’elles furent châtiées de leur folie ; elles firent que la mémoire de notre cité devienne immortelle à cause de sa vertu, alors qu’elles rendirent obscure leur propre patrie, à cause du malheur subi chez nous. Ces femmes donc, parce qu’elles avaient désiré injustement la terre d’autrui perdirent justement la leur.

Posant le livre sur ses genoux elle regarda, d’un air dubitatif, un point fixe, imaginaire, se plongeant dans ses pensée, méditant sur ce qu’elle venait de lire. En elle-même elle se disait que ce récit, qu’il soit épique, légendaire ou mythique, se prêtait souvent à deux approches. La première consistait à se demander si ce compte rendu était vrai. Depuis des temps immémoriaux, depuis qu’existait la réflexion critique, elle semblait se développer par hagiographie dont l’Histoire affinait, à ce propos, les méthodes proprement dite critique, historique, en source sûre. La seconde prenait au contraire le récit comme un objet digne d’étude, indépendamment de sa valeur (vérité ou fausseté) de son énoncé, de ces croyances et des modes de penser qui se disait de la culture qui le produisait. C’est pourquoi passé la première page, elle observait avec soin la carte géographique qui démarquait l’endroit où vécurent ces peuplades guerrières.

Elle se souvenait, à l’époque où elle allait à l’université, que la plupart des anciens avaient souvent précisé que les Amazones habitaient à l’embouchure du fleuve Thermodon, en Cappadoce dans l’actuelle Turquie, et que leur cité principale était Thémiscyre (ou Thémiscyra).
Chez quelques auteurs, elles étaient plutôt originaires du Nord du Pont Euxin et elles se seraient déplacées pour venir fonder Thémiscyra à l'embouchure du Thermodon. Comme dans toute histoire créative, les écrivains avaient, aux fils des Siècles, brodé sur quelques éléments fondamentaux.
Le principal ayant trait à leur rapport à la maternité. Étant souvent en guerre, les Amazones se refusaient à s’occuper des enfants à la manière des femmes grecques : elles n’allaitaient pas, rejetaient tous enfants mâles qui naissaient de leur sein, les mettant ainsi en esclavages ou encore les rendant aveugles ou boiteux en les utilisant comme serviteurs.
Chez quelques auteurs, elles auraient valorisé la virginité. Mais chose certaine, afin d’assurer la perpétuation de leur civilisation, les Amazones s'unissaient une fois par an avec les hommes des peuplades voisines dont elles choisissaient les plus beaux. Elles voyaient ainsi leur continuité demeuré au féminin ; la légende dit qu’elles n’élevaient que les filles et tuaient les enfants mâles, ce qui paraît difficile pour assurer leur perpétuation. Il est donc plus probable qu'après le sevrage, les garçons soient confiés aux hommes avec lesquels elles ont enfantés. Cela présuppose davantage un type de société matriarcale, ce dont les Grecs avaient horreur, raison pour laquelle ils blâmaient tant cette population. La légende rapporte également que les Amazones ne gardaient auprès d’elles que des hommes mutilés, estropiés, prétendant que cela augmentait leur capacité sexuelle, supputant que l’infirmité empêchait les hommes d'être violents et d’abuser du pouvoir.
Amazonomachia Louvre
Il paraîtrait à ce propos que la reine Antianeira ait répondu à une délégation d’hommes scythes qui s’étaient proposés comme amants exempts de défauts physiques que « l’estropié soit le meilleur amant ». Elle se souvenait aussi d’avoir lu, à quelque part dans ce bouquin, que les attributs des Amazones était le πέλτη / péltê, un bouclier léger, échancré, en forme de demi-lune, la lance, l’arc et les flèches propres aux cavaliers des steppes, le cheval et la hache — σάγαρις / ságaris, arme commune aux Perses, aux Scythes et aux Amazones, le labrys / la/bruj, terme qui viendrait du lydien ou du carien, puis la double hache ou pe/lekuj, qui était réservé aux sacrifices et à la guerre à partir de l'époque hellénistique.
Elle avait lu également qu’avant chaque bataille le signal des affrontements était donné par le sistre (sorte de grelot) généralement de bronze. Se rappelant d’un texte étudié lors d’une leçon anthropologique de la Grèce antique, elle se souvenait qu’Hérodote fournissait dans une digression (IV, 110-117) une version historicisée de la légende des Amazones. À la suite de violents combats avec les Égyptiens 2000 ans av. J.-C., des tribus scythes occupèrent la Cappadoce. Des guerriers scythes furent exterminés dans une embuscade et les femmes restées seules prirent les armes. Selon Hérodote, le nom amazone signifiait (à tort) « privée de mamelle », les Grecs pensaient que c'était dans le but de tirer plus facilement à l’arc. En langue caucasienne, ce nom signifiait par contre « ceux qui ne mangent pas de pain » (ce qui reporte aux sociétés nomades et donc non agricoles) ou « ceux qui vivent ensemble. »

AmazonsTogether
Elle se souvenait également d’un article de journal, lu récemment, et qui parlait de fouilles archéologiques conduites par une dénommé Jeannine Davis-Kimball qui, à la frontière entre la Russie et le Kazakhstan, avaient permis de mettre à jour des tombes de femmes guerrières, enterrées avec leurs armes entre 600 et 200 av. J.-C. L'une des tombes était richement garnie de nombreux objets et bijoux féminins et également de 100 pointes de flèches. Une enquête approfondie menée dans la même région avait démontré l'existence d'une tradition vivace de la femme archer et cavalière émérite, leur arc étant de forme très caractéristique exactement identique à celui qui était représenté sur les céramiques antiques. Des relations génétiques avaient, entre autre, été prouvées entre les restes humains trouvés dans les tombes et certaines familles Mongoles dont des filles naissaient parfois blondes, caractéristique particulière des Amazones, ce qui était un fait absolument unique dans ces ethnies à la chevelure uniformément noire et qui tendait à prouver un mélange entre des tribus mongoles et les restes de l'ethnie des Amazones dont l'origine exacte restaient encore un mystère. Il y aurait eu aussi des femmes armées qui auraient souvent servi de gardes du corps royales. Chandragupta Maurya (322-298 av. J.-C.), le premier empereur à développer un état centralisé en Inde avait une garde personnelle composée de femmes grecques immenses. Les gardes du corps royales réapparurent 2000 ans plus tard dans l’histoire de l’Inde chez les Nizâms de Deccan et de Hyderabad. Sur l’île de Sri-Lanka, la famille royale Kandy avait une garde personnelle de femmes archers. En Europe, les femmes des tribus celtiques et germaniques se battaient aux côtés des hommes. Tacite nous dit que la reine Boadicée comptait plus d’hommes que de femmes dans son armée.

En Scandinavie, les femmes qui n’avaient pas la responsabilité d’une famille pouvaient prendre les armes et vivre en guerrières. On les appelait « shieldmaidens » et nombre d’entre elles apparaissent dans la mythologie nordique. Une des plus célèbres s’appelait Hervor et elle figure dans le cycle de l’épée magique Tyrfing. Le chroniqueur danois Saxo Grammaticus relatait que lorsque le roi suédois Sigurd Ring et le roi danois Harald Wartooth se rencontrèrent à la bataille de Bråvalla, 300 shieldmaidens se battirent du côté danois mené par Visna, avec de petits boucliers et de longues épées. Certains historiens prétendraient qu’une légende qui pourrait être inspirée des Amazones grecques existerait en Bohème. Selon la légende, une armée de femmes menée par une certaine Vlasta menèrent une guerre contre le duc de Bohème et asservirent ou tuèrent tous les hommes qui tombèrent entre leurs mains. Elles furent finalement battues par le duc. Au 16ème siècle, l’explorateur espagnol Orellana entra en conflit avec des femmes sud-américaines de la rivière Maranon, que l’on renomma « rivière des Amazones » ou Amazone, bien que son nom puisse aussi venir de l’indien « amassona » (destructeur de bateaux).qui s’appliquait à un phénomène de marées. Il y aurait eu également les Amazones de Dahomey (aujourd’hui le Bénin) qui aurait été une unité militaire de 6000 femmes et qui furent actives entre le 16ème et le 19ème siècle. Elles rencontrèrent de nombreux succès contre les pays voisins, avant d’être défaites par les Français. La Libye a une longue tradition de femmes amazones qui est probablement plus ancienne que celle des Amazones grecques.

Amazones Negresses Libres
Aujourd’hui même, Khadafi serait gardé par des soldates. Les autres groupes africains qui intégraient les femmes dans leurs armées étaient les Igbo et les Fulani. Au royaume de Siam au 19ème siècle, le roi avait un bataillon personnel de 400 femmes armées de lances. Elles étaient choisies parmi les plus belles femmes du royaume et avaient la réputation d’être d’excellentes combattantes, mais elles étaient considérées trop précieuses pour être envoyées à la guerre. Chez les Arabes, les Aborigènes d’Australie, les Berbères, les Chinois, les Kurdes, les Philippins, les Maori, les Micronésiens, les Papous de Nouvelle-Guinée et les Rajputs, les femmes pouvaient choisir la profession des armes. Pendant la guerre de Sécession il y aurait eu environ 400 femmes soldats comme Mary Anne Talbot et Hannah Shell…

Lentement, elle sortie de sa rêverie et poursuivi sa lecture, retournant à ces textes anciens qu’elle déchiffra, aisément, aux fils des pages qu’elle tournait avec délicatesse. De ces traductions se démarqua une page, en particulier fort différente des autres, et qui racontait une histoire vécu à l’époque de la Grèce antique. Orithye, l’une des nombreuses reines guerrières de l’antiquité Grec, semblait en être l’auteur.
Σαυροματέων δὲ πέρι ὧδε λέγεται. ῞Οτε ῞Ελληνες ᾿Αμαζόσι ἐμαχέσαντο (τὰς δὲ ᾿Αμαζόνας καλέουσι οἱ Σκύθαι Οἰόρπατα, δύναται δὲ τὸ οὔνομα τοῦτο κατὰ ῾Ελλάδα γλῶσσαν ἀνδροκτόνοι· οἰὸρ γὰρ καλέουσι ἄνδρα, τὸ δὲ πατὰ κτείνειν), τότε λόγος τοὺς ῞Ελληνας νικήσαντας τῇ ἐπὶ Θερμώδοντι μάχῃ ἀποπλέειν ἄγοντας τρισὶ πλοίοισι τῶν ᾿Αμαζόνων ὅσας ἐδυνέατο ζωγρῆσαι· τὰς δὲ ἐν τῷ πελάγεϊ ἐπιθεμένας ἐκκόψαι τοὺς ἄνδρας. Πλοῖα δὲ οὐ γινώσκειν αὐτὰς οὐδὲ πηδαλίοισι χρᾶσθαι οὐδὲ ἱστίοισι οὐδὲ εἰρεσίῃ· ἀλλ᾿ ἐπεὶ ἐξέκοψαν τοὺς ἄνδρας, ἐφέροντο κατὰ κῦμα καὶ ἄνεμον. Καὶ ἀπικνέονται τῆς λίμνης τῆς
Μαιήτιδος ἐπὶ Κρημνούς· οἱ δὲ Κρημνοί εἰσι γῆς τῆς Σκυθέων τῶν ἐλευθέρων. ᾿Ενθαῦτα ἀποβᾶσαι ἀπὸ τῶν πλοίων αἱ ᾿Αμαζόνες ὁδοιπόρεον ἐς τὴν οἰκεομένην.
᾿Εντυχοῦσαι δὲ πρώτῳ ἱπποφορβίῳ τοῦτο διήρπασαν καὶ ἐπὶ τούτων ἱππαζόμεναι ἐληίζοντο τὰ τῶν Σκυθέων.
En des temps lointain, existait un peuple composé uniquement de femmes. Un peuple qui se donnait pour nom Amazone, et qui était une communauté de femmes guerrières, cavalières d’exceptions et meilleures archères de la Grèce antique. Elles adoraient la lune et haïssait les hommes. Ces femmes n’acceptaient pas, à leur coté, le mâle qui à leur yeux ne servait à rien, ne faisait rien, et qui n’étais que douleur et annonciateur de mort. Toutes ces femmes s’étaient réunis et ensemble avaient créé leur capitale, Thémiscyra, une puissante cité fortifié, entouré d’un rempart, et surmonté d’une acropole renforcée. Du haut de cette hauteur sécurisée, on pouvait voir les vastes plaines qui appartenaient aux Amazones, et au loin les montagnes qui les entouraient. Notre cité avait été fondée sur un haut plateau et les montagnes étaient un rempart naturel qui nous protégeait d’éventuelles invasions masculines. J’ai fais parti de cette communauté de guerrières et je m’en vais vous racontez son histoire :

Οἱ δὲ Σκύθαι οὐκ εἶχον συμβαλέσθαι τὸ πρῆγμα· οὔτε γὰρ φωνὴν οὔτε ἐσθῆτα οὔτε τὸ ἔθνος ἐγίνωσκον, ἀλλ᾿ ἐν θώματι ἦσαν ὁκόθεν ἔλθοιεν. ᾿Εδόκεον δ᾿ αὐτὰς εἶναι ἄνδρας τὴν αὐτὴν ἡλικίην ἔχοντας, μάχην τε δὴ πρὸς αὐτὰς ἐποιεῦντο· ἐκ δὲ τῆς μάχης τῶν νεκρῶν ἐκράτησαν οἱ Σκύθαι καὶ οὕτω ἔγνωσαν ἐούσας γυναῖκας. Βουλευομένοισι ὦν αὐτοῖσι ἔδοξε κτείνειν μὲν οὐδενὶ τρόπῳ ἔτι αὐτάς, ἑωυτῶν δὲ τοὺς νεωτάτους ἀποπέμψαι ἐς αὐτάς, πλῆθος εἰκάσαντας ὅσαι περ ἐκεῖναι ἦσαν· τούτους δὲ στρατοπεδεύεσθαι πλησίον ἐκεινέων καὶ ποιέειν τά περ ἂν καὶ ἐκεῖναι ποιέωσι· ἢν δὲ αὐτοὺς διώκωσι, μάχεσθαι μὲν μή, ὑποφεύγειν δέ· ἐπεὰν δὲ παύσωνται, ἐλθόντας αὖτις πλησίον στρατοπεδεύεσθαι. Ταῦτα ἐβουλεύσαντο οἱ Σκύθαι βουλόμενοι ἐξ αὐτέων παῖδας ἐκγενήσεσθαι. ᾿Αποπεμφθέντες δὲ οἱ νεηνίσκοι ἐποίευν τὰ ἐντεταλμένα. ᾿Επεὶ δὲ ἔμαθον αὐτοὺς αἱ ᾿Αμαζόνες ἐπ᾿ οὐδεμιῇ δηλήσι ἀπιγμένους, ἔων χαίρειν· προσεχώρεον δὲ πλησιαιτέρω τὸ στρατόπεδον τῷ στρατοπέδῳ ἐπ᾿ ἡμέρῃ ἑκάστῃ. Εἶχον δὲ οὐδὲν οὐδ᾿ οἱ νεηνίσκοι, ὥσπερ οὐδὲ αἱ ᾿Αμαζόνες, εἰ μὴ τὰ ὅπλα καὶ τοὺς ἵππους· ἀλλὰ ζόην ἔζωον τὴν αὐτὴν ἐκείνῃσι, θηρεύοντές τε καὶ ληιζόμενοι. ᾿Εποίευν δὲ αἱ ᾿Αμαζόνες ἐς τὴν μεσαμβρίην τοιόνδε· ἐγίνοντο σποράδες
κατὰ μίαν τε καὶ δύο, πρόσω δὴ ἀπ᾿ ἀλληλέων ἐς εὐμαρείην ἀποσκιδνάμεναι. Μαθόντες δὲ καὶ οἱ Σκύθαι ἐποίευν τὠυτὸ τοῦτο. Καί τις μουνωθεισέων τινὶ αὐτέων ἐνεχρίμπτετο, καὶ ἡ ᾿Αμαζὼν οὐκ ἀπωθέετο ἀλλὰ περιεῖδε χρήσασθαι. Καὶ φωνῆσαι μὲν οὐκ εἶχε (οὐ γὰρ συνίεσαν ἀλλήλων), τῇ δὲ χειρὶ ἔφραζε ἐς τὴν ὑστεραίην ἐλθεῖν ἐς τὠυτὸ χωρίον καὶ ἕτερον ἄγειν, σημαίνουσα δύο γενέσθαι καὶ αὐτὴ ἑτέρην ἄξειν. ῾Ο δὲ νεηνίσκος, ἐπεὶ ἀπῆλθε, ἔλεξε ταῦτα πρὸς τοὺς λοιπούς· τῇ δὲ ὑστεραίῃ ἦλθε ἐς τὸ χωρίον αὐτός τε οὗτος καὶ ἕτερον ἦγε, καὶ τὴν ᾿Αμαζόνα εὗρε δευτέρην αὐτὴν ὑπομένουσαν. Οἱ δὲ λοιποὶ νεηνίσκοι, ὡς ἐπύθοντο ταῦτα, καὶ αὐτοὶ ἐκτιλώσαντο τὰς λοιπὰς τῶν ᾿Αμαζόνων.
Μετὰ δὲ συμμείξαντες τὰ στρατόπεδα οἴκεον ὁμοῦ, γυναῖκα ἔχων ἕκαστος ταύτην τῇ τὸ πρῶτον ἐμίχθη. Τὴν δὲ φωνὴν τὴν μὲν τῶν γυναικῶν οἱ ἄνδρες οὐκ ἐδυνέατο μαθεῖν, τὴν δὲ τῶν ἀνδρῶν αἱ γυναῖκες συνέλαβον. ᾿Επεὶ δὲ συνῆκαν ἀλλήλων, ἔλεξαν πρὸς τὰς ᾿Αμαζόνας τάδε οἱ ἄνδρες·
«῾Ημῖν εἰσὶ μὲν τοκέες, εἰσὶ δὲ καὶ κτήσιες. Νῦν ὦν μηκέτι πλέονα χρόνον ζόην τοιήνδε ἔχωμεν, ἀλλ᾿ ἀπελθόντες ἐς τὸ πλῆθος διαιτώμεθα· γυναῖκας δὲ ἕξομεν ὑμέας καὶ οὐδαμὰς ἄλλας. Αἱ δὲ πρὸς ταῦτα ἔλεξαν τάδε· ῾Ημεῖς οὐκ ἂν δυναίμεθα οἰκέειν μετὰ τῶν ὑμετερέων γυναικῶν· οὐ γὰρ τὰ αὐτὰ
νόμαια ἡμῖν τε κἀκείνῃσί ἐστι. ῾Ημεῖς μὲν τοξεύομέν τε καὶ ἀκοντίζομεν καὶ ἱππαζόμεθα, ἔργα δὲ γυναικήια οὐκ ἐμάθομεν· αἱ δὲ ὑμέτεραι γυναῖκες τούτων μὲν οὐδὲν τῶν ἡμεῖς κατελέξαμεν ποιεῦσι, ἔργα δὲ γυναικήια ἐργάζονται μένουσαι ἐν τῇσι ἁμάξῃσι, οὔτ᾿ ἐπὶ θήρην ἰοῦσαι οὔτε ἄλλῃ οὐδαμῇ. Οὐκ ἂν ὦν δυναίμεθα ἐκείνῃσι συμφέρεσθαι. ᾿Αλλ᾿, εἰ βούλεσθε γυναῖκας ἔχειν ἡμέας καὶ δοκέειν εἶναι δικαιότατοι, ἐλθόντες παρὰ τοὺς τοκέας ἀπολάχετε τῶν κτημάτων τὸ μέρος, καὶ ἔπειτα ἐλθόντες οἰκέωμεν ἐπ᾿ ἡμέων αὐτῶν.»

Girodet Amazone
᾿Επείθοντο καὶ ἐποίησαν ταῦτα οἱ νεηνίσκοι. ᾿Επείτε δὲ ἀπολαχόντες τῶν κτημάτων τὸ ἐπιβάλλον ἦλθον ὀπίσω παρὰ τὰς ᾿Αμαζόνας, ἔλεξαν αἱ γυναῖκες πρὸς αὐτοὺς τάδε.
«῾Ημέας ἔχει φόβος τε καὶ δέος, ὅκως χρὴ οἰκέειν ἐν τῷδε τῷ χώρῳ, τοῦτο μὲν ὑμέας ἀποστερησάσας πατέρων, τοῦτο δὲ τὴν γῆν τὴν ὑμετέρην δηλησαμένας πολλά. ᾿Αλλ᾿ ἐπείτε ἀξιοῦτε ἡμέας γυναῖκας ἔχειν, τάδε ποιέετε ἅμα ἡμῖν·
φέρετε ἐξαναστέωμεν ἐκ τῆς γῆς τῆσδε καὶ περήσαντες Τάναϊν ποταμὸν οἰκέωμεν.»
᾿Επείθοντο καὶ ταῦτα οἱ νεηνίσκοι. Διαβάντες δὲ τὸν Τάναϊν ὁδοιπόρεον πρὸς ἥλιον ἀνίσχοντα τριῶν μὲν ἡμερέων ἀπὸ τοῦ Τανάϊδος ὁδόν, τριῶν δὲ ἀπὸ τῆς λίμνης τῆς Μαιήτιδος πρὸς βορέην ἄνεμον. ᾿Απικόμενοι δὲ ἐς τοῦτον τὸν χῶρον ἐν τῷ νῦν κατοίκηνται, οἴκησαν τοῦτον. Καὶ διαίτῃ ἀπὸ τούτου χρέωνται τῇ παλαιῇ τῶν Σαυροματέων αἱ γυναῖκες, καὶ ἐπὶ θήρην ἐπ᾿ ἵππων ἐκφοιτῶσαι <καὶ> ἅμα τοῖσι ἀνδράσι καὶ χωρὶς τῶν ἀνδρῶν, καὶ ἐς πόλεμον φοιτῶσαι καὶ στολὴν τὴν αὐτὴν τοῖσι ἀνδράσι φορέουσαι.
Φωνῇ δὲ οἱ Σαυρομάται νομίζουσι Σκυθικῇ, σολοικίζοντες αὐτῇ ἀπὸ τοῦ ἀρχαίου, ἐπεὶ οὐ χρηστῶς ἐξέμαθον αὐτὴν αἱ ᾿Αμαζόνες. Τὰ περὶ γάμων δὲ ὧδέ σφι διάκειται· οὐ γαμέεται παρθένος οὐδεμία πρὶν ἂν τῶν πολεμίων ἄνδρα ἀποκτείνῃ· αἱ δέ τινες αὐτέων καὶ τελευτῶσι γηραιαὶ πρὶν γήμασθαι, οὐ δυνάμεναι τὸν νόμον ἐκπλῆσαι.
Je suis née pendant une nuit sombre et orageuse, Zeus en colère lançait des éclairs à travers le ciel. Zéphyr soufflait ces vents les plus forts sur les plaines de Thémiscyra. Ma mère, Lampado, après avoir longtemps mené bataille contre la souffrance me sortit de son ventre, avec l’aide de la sage femme, et me prit dans ses bras. Après s’être remis de l’accouchement et avoir retrouvé toute ses forces, elle me présenta, selon la tradition, au conseil des anciennes qui se réunissait à chaque naissance. Mais avant de se mettre en route pour le conseil, elle devait aller au sanctuaire de la cité, offrir les linges tachés de son sang lors de ma naissance, à la déesse Aphrodite, pour la remercier de lui avoir donné une fille. Elle déposa donc les linges sur le foyer de l’autel qui s’enflammèrent aussitôt. Ensuite, elle alla consulter la pythie pour connaître ce que les dieux me réservaient comme avenir.
La pythie s’approcha de ma mère et de l’enfant qu’elle tenait dans ses bras, et d’un seule coup, commença à rentrer en transe, ses yeux devenant blancs, son corps tremblant de la tête aux pieds et sa voix devenant grave, la pythie commença alors sa prédiction :
« La fille que tu tiens dans tes bras deviendra l’une des plus grandes guerrières du peuple des Amazones, elle réalisera de grands exploits !! Bénie des déesses, elles la protégeront et veilleront sur elle !! Mais, malgré la gloire, elle souffrira à de nombreuses reprises au cours de sa vie ! ».

Amazone Ally Abbara
Puis la pythie redevint elle-même. Ma mère à la fois heureuse et inquiète après avoir entendu cette sombre prédiction s’en alla rejoindre le conseil. Elle avait peur de l’avenir que les déesses avaient donné à sa fille, mais le destin est une chose qu’on ne peut modifier.
Aux fils des années, mon enfance se composa de jeux en tout genre avec les petites filles de mon âge. L’enfance est l’une des périodes les plus heureuses de la vie, chacune vivant dans un petit monde bien à soi où tout se passe pour le mieux, un monde d’insouciance et de jeu. Mais, un jour ce paradis se dissipa, laissant la place à la triste réalité. A l’âge de 5 ans, toutes les fillettes devaient se regrouper à l’école, pour commencer la longue instruction qui ferait de nous des citoyennes de Thémiscyra. Ma mère, le jour de mes 5 ans m’emmena pour la première fois dans notre capitale, elle me leva juste avant le passage d’Hélios.
Et à peine réveillée, nous nous mîmes en route. Les champs recouverts de la rosée du matin, remplissaient l’air de cette légère odeur d’humidité, et quand l’astre du jour remplaça la lune, un décor merveilleux, digne du rêve s’étendit sous mes yeux encore lourds de sommeil. La plaine de Thémiscyra brillait de mille feux. Chaque petite goutte d’eau reflétait la lumière de l’astre grandissant. La cité de Thémiscyra s’élevait au loin, avec ses remparts blancs et son acropole, que l’on pouvait apercevoir à chaque extrémité du territoire de Thémiscyra. Hélios révélait la blancheur immaculée de la cité, digne d’une étoile dans une nuit sans lune. Thémiscyra grandissait au fur et à mesure que nous progressions vers elle. Après quelques heures de marche, nous arrivâmes devant les portes gigantesques de la cité, surmontées d’une tour rectangulaire à chaque extrémité. Les rues de Thémiscyra s’animaient peu à peu, les habitantes des maisons s’éveillaient, les boutiques s’ouvraient, les artisanes se mettaient à leur travail.
À l’angle d’une rue, je découvris ce qui faisait la fierté de notre grande cité, le majestueux et imposant temple de la déesse Artémis. Une large avenue menait au temple de la déesse poliade et poursuivait son chemin vers les propylées de l’acropole. Ma mère me dirigea alors vers l’école de la cité, c’était là que toutes les filles de mon âge était regroupées pour démarrer notre formation de citoyennes - soldats. Les mères de chaque fillette devaient quittées leurs progénitures pour un longue période. Cette séparation engendrait de nombreux émois, suscitant l’apparition de larmes sur les visages. Les journées d’école étaient fort longues, et j’avais différentes maîtresses, pour chaque matière. Nos journées commençaient par quelques heures d’entraînement au maniement des armes. Nos maîtresses nous enseignaient comment tenir la lance et l’Holon en forme de demi lune, mais aussi tirer à l’arc et ne jamais rater sa cible. La journée se poursuivait par des cours de lettres.

Amazone cheval bleu - kristian |

Seh-Dong-Hong-Beh - Frederick Forbes 1851 |
Apprenant à lire et à écrire, j’éprouvais d’énormes difficultés dans ce domaine. Par ailleurs, j’étais la meilleure dans le maniement des armes et surtout dans le combat rapproché et à cheval. Étant une excellente écuyère, ma lance devenait le prolongement de mon bras.
Durant les duels j’étais resté invaincu. Toutes les filles de ma génération m’avaient affrontée mais aucune ne réussit à me vaincre ou à me désarmer.
Je me souviens d’un combat difficile, je devais affronter Naya, une jeune amazone, deux fois plus grande et quelque peu plus âgée que moi. L’une en face de l’autre, j’attendais quelle passe à l’attaque la première, mais il n’en était rien, elle tournait autour de moi et je faisais de même pour ne jamais lui montrer une faille. Le combat ne démarrant pas, je pris les devant et d’un geste vif, je pointasse ma lance vers son casque. Surpris de ce geste, elle intercala son bouclier sur son visage, découvrant ainsi la partie basse de son corps et lui obstruant alors la visibilité. Mon geste n’était qu’une simple diversion et la réaction de mon adversaire fût, à ce moment là, ce que j’attendais d’elle. D’une simple roulade je me mis dans ses jambes. Je me relevai alors brusquement derrière mon bouclier et le choc du contact projeta Naya en arrière et tomba à terre allonger sur le dos. D’un geste vif je mis la pointe de ma lance sur son coup. Je l’avais battue, la plus forte des jeunes filles de ma génération. La maîtresse d’armes vit ce combat et me nomma chef de ma section. Et c’est ainsi que je devins la crainte et l’appréhension de ma section mais aussi des autres élèves.
A la tête de mon groupe je décidai de nous nommer les Athéna, en l’honneur de la déesse et pour montrer aux autres que ma section était composée de guerrières vaillantes et intelligentes. Ainsi le temps passa, au fils d’entraînements au maniement des armes et à l’étude des lettres. Un matin, une prêtresse de la déesse Aphrodite est venue à l’école, et chacune à notre tour nous allions la voir dans une petite pièce pour un petit entretien privé avec elle. Personne ne savait ce qui se passait pendant cette entrevue, et j’appréhendais ce moment. Quand ce fut mon tour d’aller voir la prêtresse, j’entrai dans la petite pièce exiguë et sombre, dans laquelle brillait une petite lampe à huile. La prêtresse, illuminée par la faible flamme, semblait être assez jeune, avec de longs cheveux couleur de blés et des yeux bleus comme le ciel. La robe qu’elle portait était attachée par deux broches en or au niveau des épaules dont les motifs étranges ressemblaient, vaguement, à des lotus. Le tissu blanc, couvrait tout son corps à l’exception de son dos et entre ses seins. Le blanc pur de sa tunique laissait passer la lumière de la lampe, ce qui rendait la robe transparente et faisait apparaître clairement les formes de son corps. La prêtresse me fit signe de venir m’asseoir à ses côtés sur une banquette de coussins moelleux. Une fois bien installée l’entretien commença :
- Bonjour Orithye, je m’appelle Calypso, et je suis ici pour t’initier à une étape essentielle de la vie des Amazones. Mais avant toute chose, je dois te poser une question importante pour la suite des évènements. As-tu déjà eu des saignements entre tes jambes ?
Un peu surprise par cette question je répondis de manière confuse :
- Oui, cela m’est arrivée, il y a quelques semaines déjà.
- Bien ! Me répondit-elle. Alors je vais pouvoir te dévoiler certain secret de la vie...
Voilà donc mon récit. Dis moi ce que t'en penses Hyppolyté. Et peut être que je te rédigerai la suite si j'en ai le courage...


Parole d'amazone, parole de guerrière
Galope ma peuplade sur les chevaux de la colère
Parole de fer, parole de guerrière
Mon empire tissé sur un canevas de tonnerre.
Agôn... Fille d'Arès (agôn….) par la naïade Harmonie (agôn…)
Par le bronze et la poussière (agôn…) sont nées 3 tribus (agôn…)
L'une était sans justice (agôn…)
L’autre sans pudeur (agôn…) Et la derrière sans peur, elle était sans peur.
Parole d'amazone, parole de guerrière
Galope ma peuplade sur les chevaux de la colère
Parole de fer, parole de guerrière
Mon empire tissé sur un canevas de tonnerre.
Tu goûteras à mes délices avant que la flèche ne siffle
Tu baisseras la tête avant que la flèche ne blesse
Tu connaîtras le vertige avant que la flèche ne te fige
Le feu de ton ventre me donnera une fille.
Parole d'amazone, parole de guerrière
Galope ma peuplade sur les chevaux de la colère
Parole de fer, parole de guerrière
Artémis me mènera au sommet de la terre.
Parole d'amazone, parole de guerrière
Galope ma peuplade sur les chevaux de la colère
Parole de fer, parole de guerrière
Mon empire tissé sur un canevas de tonnerre
Par les filles de nos terres - Parole de guerrière.