La femme guerrière
Quelque part dans les années 1840, est née dans une section de New Mexico, en Arizona, dans le Nord du Mexique, une femme Apache appelé Lozen, connue à cette époque comme étant la sœur du plus puissant chef de guerre Victorio. Un Apache des plus célèbres de la guerre contre les mexicains et les américains. C’est en 1877 que commença la longue bataille de Victorio et de ses 320 guerriers Apaches qui, du à une fraude financière des agents fédéraux ayant préféré garder l’argent destiné à les nourrir, provoqua cette vague de rébellion qui engendra un soulèvement massif des Apaches Chiricahua en représailles à ces évènements. Ils décidèrent de quitter la réserve de San Carlos en Arizona, où ils vivaient dans des conditions déplorables, pour retourner dans leur patrie première, l’Ojo Caliente au Nouveau-Mexique. On dit que Lozen était parmi eux.

À un âge très précoce, Lozen a fait savoir à son père qu'elle n'avait aucun intérêt pour l'apprentissage des droits des femmes de la tribu. C'est pourquoi elle s’engagea sur la voie du guerrier - enseigné par son célèbre frère. Elle était très différente de son homologue, Dahteste, une femme de la tribu Apache Chiricahua, mariée à l’un des valeureux guerrier et mère d’enfants, qui participa à plusieurs batailles en compagnie de Lozen et des autres membres du groupe. Certaines langues prétendirent qu’elles formaient un duo particulier, dans le privé comme à la guerre. Et d’autres, qu’elles dormaient ensembles comme mari et femme. Mais quelle que soit la vérité, Lozen n'avait aucun souci pour son apparence physique et, même si elle était célèbre dans plusieurs photos de Géronimo avec ses guerriers, il n'y avait rien qui montrait qu'elle était une femme. Virile dans son apparence, habillée comme un homme, elle a vécu et combattu comme un homme. Elle ne s'est jamais mariée, et a consacré sa vie au service de son peuple. Elle combattit dans plus de campagnes contre les mexicains et les américains qu’aucun des grands chefs de guerre apaches, comme Cochise, Mangas Coloradas, Juh, Geronimo ou même son propre frère Victorio. En plus de ses compétences considérables comme guerrier, Lozen a également été qualifiée d’habile stratège en bataille. Certains membres de la tribu prétendaient qu’elle pouvait sentir avec ses mains combien de soldats galopaient en leur direction en les déplaçant lentement dans le vent. On disait aussi qu’elle était une habile tireuse, un bon éclaireur et une guérisseuse douée. Elle a participé à des cérémonies en chantant des hymnes guerriers, et en dirigeant les danses de la guerre, avant chaque combat.

Lors d’une de ces fameuses batailles, il est écrit que Lozen avait fait jurer, aux autres membres de la tribu Apache, que si son frère bien-aimé Victorio était tué, qu’ils mangeraient son corps plutôt que de le laisser entre les mains de l’ennemis. Mais Victorio survécut. Ils combattirent ainsi, durant trois ans, les troupes mexicaines et américaines, allant du Texas jusqu’en Arizona en passant par le Nouveau-Mexique et le Mexique. Le 15 Octobre 1880, lors d’une attaque surprise, Victorio et plus de 100 autres guerriers furent piégés et tués par les forces mexicaines et les indiens Tarahumara à Tres Castillos. Seulement 17 Apaches échappèrent au massacre ; 68 autres furent capturés et vendus comme esclaves. Victorio se tua avec son propre couteau plutôt que de se voir prisonnier des mexicains. Lozen n’était pas avec eux. Elle avait du quitter le groupe pour accompagner une femme, qui venait de donner naissance à son enfant, à travers le désert depuis le Mexique jusqu’à la réserve des Apaches Mescaleros. Elles parvinrent à destination sans encombre. Une fois là-bas, Lozen apprit ce qui était arrivé à son frère et pensant que les blessés et les survivants auraient besoin d’elle, elle partit immédiatement en direction du lieu de l’embuscade. Passant au travers de toutes les patrouilles, elle rejoignit les survivants de son groupe mené par le patriarche Nana, dans la Sierra Madre. Elle combattit alors à ses côtés pendant deux mois, en guise de vengeance, suite à la mort de Victorio. Peu après elle poursuivit sa route vers le Sud et se joignit à Géronimo et ses 36 guerriers qui combattaient les troupes américaines et mexicaines.

Lozen the Seer - Gallery Roy Purcell |


The Organ Pipe Rocks |
Un combat qui durera neuf ans et où Géronimo dira en parlant de Lozen « qu’elle se tenait debout les bras levés, chantant une prière à Ysun (la divinité suprême des Apaches), puis qu’elle tournait sur elle-même jusqu’a ressentir dans ses bras la présence de ses ennemis et leur nombre ». Malheureusement le temps eu raison de leur courage et le 3 septembre 1886, sur la frontière de l'Arizona et du Nouveau Mexique, à quelques kilomètres seulement de Los Embudos, au lieu-dit Skeleton Canyon, Geronimo et sa troupe se rendirent. Quelques Apaches, ayant choisi le Mexique et la liberté, furent massacrés à la frontière par les soldats mexicains. On avait lancé 5000 hommes pour traquer 36 Apaches et les Américains ne l’auraient jamais capturé s’ils n’avaient pas utilisé des éclaireurs Apaches qui, trahissant la cause de leurs propres frères, mirent leur talent au service de l’Armée américaine. Par fatigue peut-être, Géronimo accepta de se rendre au lieu de s’enfuir. Lozen fut donc emmené avec les autres dans une réserve en Floride. Les Apaches, qui n'étaient pas habitués à ces nouvelles conditions climatiques, moururent en nombre de la pneumonie, de la méningite, du paludisme et de la tuberculose. Au point qu'on les transférera dans une autre réserve.


Lozen était parmi les meneurs Apache embarqués par chemin de fer de fort Bowie, au fort Pickens, en Floride. Pendant un arrêt du train, on a permis aux prisonniers de sortir dehors pour une pose, où cette photographie célèbre a été prise. Lozen est dans la rangée arrière, la troisième figure à droite. (Geronimo est dans la première ligne, troisième à droite) |
Lozen mourut en 1890 de tuberculose à l’âge approximatif de 50 ans, à la caserne de Mount Vernon dans l'Alabama. Sa tombe est à ce jour demeuré anonyme.

Eroded pinnacles in The Heart of Rocks |
Sappho