
Plus connue sous le nom de « La Monja Alférez », née en 1592 fut une personnalité semilégendaire d'Espagne et des Amériques espagnoles de la première moitié du XVIIe siècle.
Dès l’âge de 4 ans, elle est internée au Couvent du Dominicas de San Sebastian mais elle abandonne cette voie après une bagarre à l'âge de quinze ans, juste avant de prononcer ses vœux.
Elle s'habille alors en homme et prend le nom de "Francisco de Loyola", puis quitte San Sebastian pour Valladolid. Depuis là, elle visite Bilbao où elle s'enrôle sur un navire avec l'aide de quelques compatriotes basques.
Elle débarque en Amérique espagnole et s'engage dans l’armée sous le nom de "Alonso Díaz Ramírez de Guzmán". Elle acquiert alors une réputation de soldat courageux, de joueur et de bagarreur. En 1619, elle part combattre les Indiens Araucans en Chili. La bataille de Valdivia lui vaudra le grade de lieutenant et le surnom de "La nonne lieutenant (La Monja Alférez)".

Elle était une duelliste acharnée, responsable de la mort de douzaines d'hommes, des soldats, des fonctionnaires ou des officiers de la Couronne espagnole. Par inadvertance, elle tua aussi son propre frère Miguel lors d'une altercation nocturne. Elle prétend ne l'avoir pas reconnu avant d'entendre ses cris d'agonie dans la nuit.
Catalina de Erauso était une don juan. Sans dire qu’elle était une femme, elle entretenait des relations qu’avec des femmes. Dû à toutes ces conquêtes féminines, elle entrait dans de nombreux conflits et de duels. A plusieurs reprises, elle rompait ses promesses de mariages.
Elle fait également du commerce, toujours avec des hommes d'affaires basques. Ses origines basques lui permettaient toujours de retrouver un emploi, malgré son passé criminel.
Très souvent elle se réfugie dans des églises, demandant le droit d'asile, pour empêcher les soldats de l'arrêter. Condamnée à mort plusieurs fois, elle parvient à fuir le Chili, se retrouve en Argentine puis la Bolivie et ensuite le Pérou.

Lors d’un duel à Cuzco où elle tue un homme, elle est gravement blessée. Pensant être sur son lit de mort, elle avoue son sexe. Elle survit cependant et après une convalescence de quatre mois elle part pour Guamanga. Pour échapper à de nouveaux ennuis, elle confesse à l’évêque sa féminité. A son invitation, elle entre alors au couvent et son périple continue.
En 1620, elle travaille chez l'archevêque de Lima, puis en 1624, elle arrive en Espagne.
Elle se rend à Rome où elle obtient une notoriété telle qu'elle obtient du Pape Urbain VIII une dispense spéciale l'autorisant à porter des vêtements masculins.
Elle quitte à nouveau l'Espagne en 1645, cette fois pour la Nouvelle-Espagne avec la flotte de Pedro de Ursua, elle devient conducteur de mules sur la route de Veracruz. Là-bas, elle se fait appeler "Antonio de Erauso". Elle meurt à Cuetlaxtla en 1650.

En 1625, Juan Pérez de Montalván (1602–1638) écrivit la pièce Comedia famosa de la monja Alférez. La même année, une "Véritable narration de ces grands faits..." est publiée à Séville, suivie d'une "Seconde narration..." et d'une "Troisième et dernière narration..." au Mexique.
Emilio Gómez Muriel réalisa en 1943 un film sur sa vie avec María Félix dans le rôle d'Erauso puis c'est Esperanza Roy qui reprit le rôle en 1987.
Il existe une autobiographie épurée datant de 1626, dont on retrouve la trace dans un manuscrit datant de 1794. Sa vie fut aussi le thème de plusieurs nouvelles et études par le Dr Nicolás León.
L'édition de 1838 de ce livre est disponible en ligne :
Book autobiographie de Catalina de Erauso