Tel un ange mon amour au ciel de bleu saturé s'envole, alors s'élève mon âme lointaine des abysses à la solaire clarté. Et voilà que je contemple, calme, la vaste étendue océane. "Vogue navire, que la lancinante langueur m'emporte et me berce à l'horizon de ses yeux. Astre adoré brille et transperce l'instant d'ivresse et de pureté..."
Haut dans la brume de l'espoir plane le soleil d'hiver.
Le silence et l'épaisse poisse humide des heures qui passent dans l'attente d'un cri.
Là, immobile, un sourire fend sa face lunaire, moribond, l'oeil à moitié ouvert, dernier reste d'un ciel bleu passé.
Tombé imbibé d'une tristesse libre d'amour, sa vie fusillée.
Cliquetis lointain de ses chaînes, doigt difforme tendu vers l'infini, ultime et rauque rire silencieux, il est là, allongé, dépouillé, près du rien, prêt à rien...
La moitié de ton coeur, seule à présent continue son chemin.
Dernière larme sur tes cendres négligemment jetées au jardin du souvenir dans un cimetière gris.
Si haut dans mon coeur, mon petit père de la rue nous a claqué la porte au nez et il en rit encore.