Nos poèmes...

 

 

Sappho

Poétesse Canadienne

 

Personne ne sait

Personne ne sait
Sauf moi
Que parfois je pleure
Que si je pouvais
Sans foi, ni loi
Être ailleurs
Je ferais semblant de dormir
Quand mes larmes
Commencent à couler
Et je laisserais agir
Mon cœur qui s’arme
Devant tant d’inégalité

Je jette alors
Derrière ces murs
Un bref coup d’œil
Cherchant le vrai
La raison ou le tord
Le verbe sûr
Au-delà du seuil
Que personne ne sait

Personne n’aime
Perdre sa voie
Celle qui par habitude
En soi germe
Selon le choix
De son attitude
Que personne ne sait

Personne ne connait
Le rythme de mon cœur
Ce qui se passe
Lorsqu’en secret
Ici ou ailleurs
De guerre lasse
Je m’allonge dans le noir
N’espérant que le monde
Puisse enfin s’asseoir
Et sonde
Qu’en réalité, personne ne sait
Non personne ne sait
Sauf moi

 

 

Miroir

La différence
Dans ces préférences
Est d’aimer en silence
Faire confiance
Sans se retourner
Pouvoir parler
Ne jamais crier
Savoir donner
En corps à corps
Les mœurs d’abord
Le verbe en raccord

 

 

Jazz-women

Sous ses doigts
Dansent les notes
Sans freins
D’un ballet de joie
Qui dans cette gargote
En plaisir serein
Se déploie
Par gamme hot
Sur ce clavier badin
Qui foi après foi
Pour soi redevient
Un navire qui flotte
Entre langueur et succinct

 

 

L’auteur

Tel un traducteur
Dont l’interprète
Semble créer
L’apparence du monde
Sous des personnages
De comédie humaine
En voyeur
Par phrases discrètes
Il parait exprimer
À la ronde
Ces maintes images
Que la vie amène

Comme un poète
Se dévoilant
Par réalité cachée
À ses épreuves
Il donne
Cette chose
Souvent faite
D’un voile constant
De mots ponctués
Qu’en lignes neuves
Sans fin sonnent
Comme une dose
De musicalité

 

 

Abîme

J'aimerais gommer
De ma mémoire
Cette voix murmurée
Dans le noir
Ce corps emboîté
Par déversoir
Jusqu'à l'aube tombé
Sans surseoir

Ne plus sentir
Sur mon âme bafoué
Son souffle frémir
Comme une bête échoué
Cette peur m'envahir
Entre ses mains ployées.

Pouvoir détruire
Cette histoire
Au feu la jeter
Et sans mentir
Réellement croire
Qu'elle est oubliée.

 

 

Une poète...

Sous une plume soeur
Rapide, enfiévré
Tel des battements de coeur
Aime gribouiller
Des mots qui effleurent
Dans l'encre lié
Ses pensées en fleurs
En pétales déposés
Qui s'épanouissent et meurent
Dans ce monde imagé.

Elle recherche l'aura
De ce qui vit
Quelque part en soi
Qui souffle et grandi
Dans ce Karma
Qu'on dit poésie
En porte voix
Qu'elle dicte par écrit.

D'hier et d'aujourd'hui
Semblable à une charmeuse
Elle exprime l'émoi
De la vie
En rêveuse
Qu'elle formule parfois
Sous verbes travestis
En phrases meneuses
D'émotions senties.

 

 

L’Adieu

Empreinte d'émoi
J'ai imploré
Comme un Roi déchu
Que le trépas
Dans son assiduité
Ne veuille plus
Emporter comme une proie
Cette vie sacrifié
Ce coeur fourbu
Que de fois en fois
Il semble diriger
Vers ce monde inconnu
Où tout n'est que froid
Sinistre rigidité
Vide confondu
Sans foi ni loi
Pour ce corps statufié
Livide et froid

J'ai supplié
Remplit de tristesse
Tête ployée
Ce Maître de promesse
D'enfin annuler
En processus inverse
Cette fatalité
Destiné aux abbesses

J'ai aussi crié
Mon chagrin
Afin d'exorciser
Cette rage sans fin
Me laissant crouler
Tel un pantin
Devant cet être mortifié
Que le venin
Semblait étouffer
Lentement sans fin

Puis dans la totale
J'ai laissé
Le vide creux
Remplir ce mal
De mots vidés
Par mes adieux
D'un gouffre spiral
Sans cesse balayé
Sous mes cieux
Que le Graal
Ne peu plus combler
De ses voeux.

 

À l'aube

             À l'aube...

                            Le jour se lèvera
                            Sur cette nuit
                            Parmi ces ruelles
                            Ces trottoirs gris
                            Dans ce crépuscule mat
                            Qui petit à petit
                            Comme une belle
                            Devant cette aurore élargie
                            Sans fin s'étendra.

             À l'aube...

                          Tous les graffitis
                          Sur ces murs d'emplois
                          Deviendront affront
                          Ou même défi
                          Par simple choix
                          Qu'en drôle de noms
                          Ils sembleront des cris
                          De peine ou de joie

             À l'aube...

                          Sur ce papier
                          Sortira de l'ombre
                          Ces phrases élaguées
                          Que par séries
                          En maintes nombres
                          J'aurai griffonné
                          D'un verbe affranchi
                          D'une plume cadencée

             À l'aube...

                          La ville s'éveillera
                          Et sans autre envie
                          J'arrêterai là
                          Ces mots écrits
                          Qui résonnent en moi.

 

 

Castrats

Au premier regard
Notre allure hommasse
Donne aux opinions
Quand tout s'égard
Une certaine audace
Qui sans prétention
Dans l'agir
Semble être un garçon
Pour mieux se dire
Que la contrefaçon
Serait de mentir
Par omission

Quelque soit l'habillement
En femme d'émoi
Une part secrètement
Au fond de soi
Avec ambigument
Vit ces pourquois
Bien souvent
Comme un castrat

 

 

Abandon

Dans des mouvements langoureux
Mes mains expertes
Sur vos hanches
Doucement s'animent
Peu à peu
En alerte
Contre votre corps qui flanche
Sous mes caresses ultimes
Mes baisers capiteux
Qui telle une ondine
Un soir de pleine lune
Par ondulation mâtine
Pour ma bonne fortune
En une joie divine
Je dévoile vos dunes

 

Poète disparue

À la rentrée scolaire
Dans la cour secondaire
Comme toutes les étudiantes
Aux idées édifiantes
Elle est venue s’asseoir
Face au tableau noir
Pour mieux comprendre
Et tout apprendre

Celles qui l’ont connue
Cette poète disparue
Plus qu’une raconteuse
Elle était une diseuse

En mots venus d’ailleurs
Riche de pleurs
D’une manière différente
Presque insolente
Elle écrit
Sa propre poésie
Heureuse, responsable
Au fond d’un cartable

Ce vent de liberté
A soufflé un jour
Sur ce lycée
On s’en souviendra toujours
Comme d’une ode composée

 

 

Évanescence

Par delà le vent
Par delà le temps
L’espace d’un moment
Juste pour un instant
Tout sera plus lent.

 

 

Renaissance

Je perds pied
Je perds le contrôle
Me sentant bien
Dans cette euphorie
Comme ces larmes qui coulent
De joie, de bonheur
Tout droit de l’âme
Sans autres excuses

Ne pouvant retenir l’émotion
De cette partie de moi
Comme une parcelle de soi
Mes pensées chavirent
Et je laisse mon être
Dériver à l’infini.

 

 

Au-delà

Au-delà de l’oubli
Ce monde devient magie
Pénétrant l’instant inconnu
Vers la beauté du rêve
Qu’en sensation différente
S’évade l’infini.

 

 

Nuit magique

Féérie d’une nuit
Douceur d’un moment
Telle l’alchimie
De mots relaxants
En douce poésie
Tout est dit maintenant.

 

 

Séductrice

Au bord de la Seine
Ou de la Plaine-Manceau
Dans le foisonnement
De Liane ou Romaine
En bilitis mots
Une écrivaine
Très accomplie
Sans peine
Se sentira bénit
Par ce savoir reine
Qu’est la vie

De manière agréable
Entre les lignes
Elle immortalisa l’impensable
De ses amours dignes
Dans l’impénétrable
De ce qui se souligne

Mais aujourd’hui
On ne peut ignorer
Ses écrits
Sa légende née
D’ailleurs ou d’ici

C’est Natalie Barney

 

 

Vagabonde

Par des matins
De vents froids
Vous me fuyez
C’est évident
Vous croyant malin
Je ne sais pourquoi
Vous m’ignorez
Tandis qu’en titubant
Je vous perçois quelque fois
Si insultant
Que j’en porte ma croix
Au gré du temps.

Mais dans cette vie
J’ai trouvé mon destin
Un compromis
Qui est le mien
Et qui s’unis
Au mot en vain.

Alors vous les bien nantis
Les gens pressés
En Dandy
Vous me regardez
Et d’un geste de mépris

Vous vous détournez.

 

 

Rose des vents

Narguer...
Lorsqu'on a vingt ans
Ce monde de barrières
Aux codes constants
Qu'en paroles fières
Nous défions souvent
 
S'éloigner...
Pour oublier
Les regrets
Sans peur risquer
Refaire le trajet
Malgré les énoncer
Les nombreuses plaies
Que nous osons cacher
Sous le secret
 
Espérer...
Quand viens le soir
Que ces vices masqué
En triste histoire
Ne demeurons voilé
Sans plus y croire
 
Observer...
Ce temps qui fuit
Avec confiance
Apprivoiser la nuit
Qui dans l'espérance
Redonne ainsi
Toute son importance
À ce qui suit.

 

 

Chaos

Je suis la rue
Et sa misère
Ces enfants disparues
Que l'on espère
Ce grand chahut
Dans les artères
Ce monde perdu
Sans repères
 
Je suis l'écueil
De ces gosses chagrin
Le mauvais oeil
Dans ce presque rien
Cette part de deuil
Parmi les siens
Qui s'effeuille
À chaque matin
 
Je suis l'animal
Digne de ce nom
Le bien, le mal
Que nous rendons
Le verbe fatal
Sous tous les ponts.

 

 

Érotica

Au creux de ce lit
Souvent improvisé
Prend soudaine vie
L'allégro répété
De c'elle pour qui
Mon coeur aime donner

Tout son être
Dans un soupir
Une exaltation
Fait naître
Mon désir
Lors de la fusion

Ses mouvements fluides
Dans un délire
De passion
Rendent torride
Comme après un élixir
Mon imagination

Ses grappes de vigne
En invitation lubrique
Ondulent comme des cygnes
Entre mes doigts statiques

 

 

Évasion

Pour quelques instants
Ferme les yeux
Écoute moi
Imagine après en
Que nous sommes deux
Dans ce monde ici-bas

Oublis les erreurs
Les maladresses
Ce qui n'est sien
Regarde l'ardeur
De ces caresses
Entre mes mains

Entend ce coeur qui bat
Dans l'infini temps
Qui tressaille pour toi
À tout moment

Revois nos matins
De rire clair
Ce doux présent
Que le succin
D'une aube fière
Sur nous étend
Comme un drap de satin
Dans une chaude lumière
Entre quelques baisers brûlants
Et une tendre atmosphère.

 

 

Les sens

Imagine...

Un bref instant
Une âme charnelle
Aux yeux aimants
Une femme sensuelle
En mouvement
Qui ensorcelle
Nos moments

Vois...

Dans ce grec écrin
Une perle mirifique
Sous ce bleu satin
Une île mystique
À l'histoire sans fin

Respire...

Ce doux parfum
Issu de l'amour
Ces effluves communs
Déposé au petit jour

Écoute...

Dans l'allégro des soupirs
L'écho de son nom
Ce qu'on aime sentir
De belle façon
Avant de s'endormir

 

 

 

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