Tome I : La chambre maudite
L’histoire commence en Auvergne à la fin de l’année 1500. Une fille de fermier, la jolie Isabeau, va bientôt épouser l’élu de son cœur. Mais c’était sans compter le jeune seigneur des lieux François de Chazeron, cruel et arrogant, le parfait contraire de ses ancêtres. Les jeunes tourtereaux, désespérés et amoureux, tentent de s’enfuir. Ils sont vite rattrapés : lui est pendu, elle, livrée à la perversité et aux caprices du seigneur pendant une nuit de supplice interminable. Au petit matin, le corps de la jeune fille, laissée pour morte, est jeté du haut des remparts, offert aux loups. Ils ne la touchent pas mais le corps disparaît rapidement. En fait, ce que Chazeron n’avait pas prévu, c’est qu’Isabeau est la descendante d’une sorcière, la Turleteuche, qui a trouvé le moyen de devenir garou et c’est sa malédiction qui va bientôt s’abattre sur le fief de l’impudent. A l’écart dans une grotte, au milieu des siens, Isabeau avec l’aide de sa sœur Albérie, met au monde le fruit de son viol, Loraline, et rumine sa vengeance.
Tome II : La vengeance d’Isabeau
Le complot des femmes louves a échoué ; Isabeau fait croire à sa mort pour entamer une nouvelle vie à Paris ; Loraline reste seule au milieu des loups, avec le chagrin du deuil de sa mère. Seule Albérie est dans le secret. Isabeau devient lingère royale sous la protection de dame Rudégonde, joviale et accueillante. Pendant ce temps, Loraline fait la connaissance d’un jeune médecin au talent extraordinaire, Philippus ou Paracelse. Mais elle se heurte aussi à la cruauté de Chazeron. L’histoire rejoint l’Histoire : à la cour de François Ier, la propre fille de Loraline met tout en œuvre pour sauver les siens. Sur fond d’alchimie, le grand Tout se met en place autour de ces femmes exceptionnelles au destin non moins exceptionnel. Il leur faudra, ensemble, affronter le monstre étroitement lié à chacune de leur destinée : impossible de lui échapper, il faut lui faire face pour en finir une fois pour toutes avec la malédiction.
Aisé et rapide à lire, on sera sans doute surpris par les emplois archaïques de certains termes. L’histoire entraîne rapidement le lecteur dans un autre espace-temps où la vie souvent ne tenait qu’au bon vouloir d’un seigneur. On ne peut s’empêcher de frémir et de se révolter contre la violence employées contre tous, hommes, femmes ou enfants mais surtout, c’est le viol des jeunes filles qui font le plus horreur –quand on pense que cette pratique n’est pas près de cesser…ça donne froid dans le dos. C’est le premier tome, à mon avis, qui contient le plus de violence de ce genre.
La chimie prend assez rapidement avec l’alchimie. On se laissera séduire par ces élucubrations sans vraiment se laisser totalement berner.
Il est agréable de côtoyer les riches étoffes des courtisans de la cour de François Ier et de s’approprier l’histoire par le biais de l’Histoire.
En somme une belle histoire bien racontée et rondement menée composée d’ingrédients qui, au final, se marient bien !
Wowo