Oui j’ai eu une vie d’hétérote, j’ai vécu avec un homme, un américain, il travaillait en France pour la sécu et la retraite. Il a perdu son boulot et au bout de 2 ans je devais assumer seule les charges de notre ménage, j’ai explosé.
Je lui ai mis un ultimatum lui donnant 6 mois pour retrouver un travail en France ou ailleurs, étant prête à le suivre (j’étais quand même conne de vouloir le suivre hein !). Six mois plus tard pas de résultat. En 2 heures, je l’ai aidé à faire ses valises pour aller se loger chez un pote. Son déménagement a duré plus d’un an en fait car monsieur espérait me récupérer. Mais un jour de rage folle, je l’ai appelé lui disant que si dans l’heure qui suit il vient pas prendre ses derniers cartons, je les jette dans la benne (j’ai pas eu ce bonheur).
J’ai passé 2 à 3 ans à me plonger totalement dans mon boulot. Dès qu’un mec me faisait une avance j’avais une réplique pour le remballer.
Il y a environ une quinzaine d’années, les voyages gay - lesbien se sont développés. J’ai donc pris ces groupes en charge lors de certains de leur déplacement. En espérant trouver la tranquillité et ne plus être une proie. Avec les mecs pas de soucis, ce fut de vrai vacances, certains se prenaient même pour des grands frères (un peu gonflant mais pas écoeurant). Avec les groupes de femmes, ce fut plus dur pour les couples pas de soucis. Les célibataires, ben… parlons en.
J’étais la guide charmante pour certaines, qu’il fallait à tout prix avoir dans ses draps. Elles me croyaient lesbienne alors que j’étais encore qu’une d’hétérote, avec toute une vie à reconstruction de moi à faire.
Un jour en prenant en charge un groupe, je me suis faite une amie (ben oui, une amie), on s’est découvert pleins de points communs. Au cours de ce voyage de 15 jours, on a passé quasiment tous les temps libres à parler et comprendre la vie de l’une et de l’autre, elle ne m’a pas caché son homosexualité. Cela ne me dérangeait pas, chacune ses choix de vie. Après ce voyage on s’est vu régulièrement, pour ne pas dire tous les jours où je n’étais pas en voyage.
C’est lors d’une soirée bien, voir hyper arrosée que je me suis laissée aller aux amours avec elle. J’ai tellement apprécié ces moments intimes avec elle que l’on a continué jusqu’au jour où les contraintes de mon boulot lui fut trop pesant (nous sommes encore à ce jour de supers amies). C’est avec elle que j’ai fréquenté un court temps le monde lesbien, sans trop le fréquenter non plus.
Ma famille : n’a pas eu le choix, beaucoup ne me parle plus, d’autres tout juste, seule ma tante a réellement accepté. Les autres acceptent par contrainte. Mes parents : mon père depuis ma décision de faire mon métier actuel ne disait plus rien (lui me voyant médecin ou historienne). Ma mère : elle le prit pas trop mal, juste une crise du genre « Qu’est ce que j’ai fait au bon dieu », « rien maman juste moi qui découvre que je vis plus en harmonie avec ce que je ressent ». « Si c’est comme ça, vis ta vie ». Le coming out fut clos et accepté.
J’avais toujours le visage de ma première la belle parisienne, toute elle est gravée en moi : elle me manquait. Les soirées de douceur et tendresse, les nuits câlines comme passionnées, les discussions sans fin, je venais de réaliser que l’amour pour mon avenir sera avec une FEMME. Pour ne pas souffrir de son manque, j’ai donc pris la décision de changer de région. Je me suis faite muter dans la région PACA, après diverses aventures sans lendemain (mais également pour fuir ces ex chiantes qui ont cru à l’amour éternel au bout de quelques semaines).
En plein cœur de Marseille, je me suis retrouvée derrière un guichet triste et terne, ou je m’emmerdais à mourir. Un matin ennuyeux comme tous les précédents, je vis une femme se diriger vers mon bureau, alors que mes collègues étaient pas plus occupés que moi, me demander des renseignement sur un voyage. Ce que j’ai eu du mal à comprendre, c’est qu’elle est venue 8 jours de suite me demander des renseignements. La jolie brune aux yeux brun-vert n’avait pas l’air futé. C’est le soir du fameux 8e jour qu’elle me demande si cela me tenterait de prendre un verre avec elle à la fin de ma journée. Je suis restée sans voix. Elle pris ça comme un oui et me fixa un lieu de rendez-vous. J’ai hésité longtemps avant de me rendre au rendez-vous. Je pris mon courage à deux mains.
J’ai découvert l'amour entre femme avec ma belle parisienne. Mais c’est avec une marseillaise que réside mon bonheur aujourd'hui.
Nous avons passé ce soir là 2 heures à parler, à se connaître. Nous nous sommes quittées sans promesse de nous revoir. Le lundi soir j’eus la surprise de la voir au bout de la rue, elle m’attendait. J’ai eu la peur au ventre qu’elle décide de ne plus me revoir, et qu’elle était là pour me le dire. A ma grande surprise, non ! Elle avait oublié de me laisser son téléphone et adresse. En ayant lu l’adresse j’ai vu qu’on habitait le même secteur. De ce pas je lui ai proposé de faire le trajet chaque matin avec moi. Ce fut le cas durant 4 mois, matin et soir on a fait le trajet ensemble. Et arriva ce qui arriva, une nuit de douceur à ne plus vouloir la laisser partir. Mais ce fut compliqué, elle vivait avec un homme depuis 13 ans, qui ne la touchait plus (car impuissant) depuis plus de 7 ans.
Durant 6 mois on a joué au chat et à la souris le temps qu’elle puisse le quitter sans trop choquer les siens. Elle l’annonça à sa belle sœur, sa sœur mais pour ses parents ce fut plus dur, la peur. Mais tout s’est bien passé chez tous. Seul son ex ne sait rien ouf car c’est un chasseur et il m’aurait prise pour cible bien volontiers j’en suis sûre.
Depuis la fin toutes ces émotions, nous vivons ensembles. Cela fait 9 ans 4 mois 8 jours. Et je l’aime plus chaque jour. Ma Betty, c’est mon rayon de soleil chaque matin, et ma douceur de vivre chaque soir.
Missbouniette