Ça fait 13 ans

 

Le match a été rude, mais nous avons gagné, la fête s’annonce sympa et arrosée. Si je n’avais pas voulu faire trop de zèle je ne me serais pas blessée, mais le goût de la victoire et de l’effort bien employés prévalent sur la cheville douloureuse.

L’entraîneur y a jeté un œil, il me demande de passer à l’infirmerie. J’y vais après le match. L’infirmier me soigne, pendant ce temps les autres prennent leur douche et se changent au vestiaire. Je les rejoindrai plus tard à la fête. Les soins terminés je me traîne vers le vestiaire, sans l’injection, je ne pourrai pas marcher. Les douches sont vides, ça tombe bien, j’aime prendre mon temps et goûter l’eau chaude. La porte ne ferme pas de l’intérieur, c’est une norme de sécurité dans ce pays. La douche est chaude et réparatrice pour ma blessure. Je m’évade, je me dis qu’une chose si simple peut procurer tant de plaisir, que j’ai la chance de pouvoir connaître la joie d’une douche chaude. Une joie et un plaisir de court terme. Je ne les ressentirai plus jamais.

La porte grince, c’est pratique, ça nous permet de savoir quand quelqu’un rentre. Une fille qui a oublié son gel douche certainement. Je ne me retourne même pas.
Et puis, il y a ce sentiment, d’être épiée. Les regards qui pèsent sur ma personne vulnérable. La pensée qui traverse l’esprit … Mais c’est trop tard. Ils sont cinq. Ils sont venus pour participer au tournoi, ils sont plus âgés, ils viennent d’une autre école, je ne les connais pas.

Ils ont bloqué la porte.  Je ne bouge pas. L’eau chaude si bienfaisante est devenue froide, et ne me protège pas, je déteste cette eau. Ils avancent. Leurs regards sont leurs paroles. Je m’effondre, je sais ce qu’ils sont venus faire. Je m’appuie au mur mouillé, il est dépourvu de porte. La porte magique que j’espérais n’est pas apparue.

Ils sont si prêts de moi. Trop prêts. Je ne rapetisse pas non plus. L’évidence de l’inévitable est là. Ils ne parlent pas. Le plus vieux me touche : sa main me tétanise. Je croise leurs regards. Je sais, je sais ce qu’ils font. Je crie. De toutes mes forces je crie. L’aide ne peut venir que de l’autre côté de cette porte. Je ne peux pas m’enfuir. Je hurle. L’un d’eux me met sa main sur la bouche tandis que les autres me forcent à m’étendre au sol. Il faut faire vite. Je m’abandonne. Il est trop tard une fois encore, inévitable arrive. Ils s’organisent sans même se parler. L’un me tient les bras l’autre les pieds je crie : il me tient par la cheville. Il comprend que c’est un moyen de me faire me tenir tranquille. Un autre me prend l’autre jambe. Ils s’éloignent me forçant à écarter les jambes. Les larmes coulent. Je ferme les yeux, le premier entre en moi. Je ne crie même pas. C’est le signal du départ. Je leur laisse mon corps à tout jamais. Je suis là haut, je regarde. La douche coule toujours. Je ne résiste pas. Le premier termine. Je pense que j’ai mal. Le second entre en moi. Je regarde toujours. La douche coule encore. Le troisième prend le relais. Mais le premier à une autre idée. Le troisième termine. La douche coule inlassablement. Le quatrième me pénètre, son sexe est plus large. Il reste en moi plus longtemps. Les autres me tiennent, au cas où un soupçon de lucidité viendrait me rendre la combativité. Le quatrième s’arrête. Il regarde le dernier. Il est plus jeune, il hésite. Il hésite trop longtemps. Alors les quatre autres me retournent. Le plus vieux me tient par les cheveux. Il me traîne jusqu’au plus jeune. Je ne suis toujours pas là. Il traîne une poupée de chiffons sales. Le plus jeune me regarde, le plus vieux m’approche de son comparse. Celui-ci comprend, il baisse son pantalon. Je serre machinalement les mâchoires. Il me pose son sexe sur les lèvres. Je suis tétanisée. Ma bouche refuse de s’ouvrir. Le plus vieux se place alors derrière moi, il me penche en avant. Il frappe mes fesses. Je sens son doigt s’enfoncer en moi. Puis un autre. J’ai mal. Et son sexe. Ça ne rentre pas, il s’énerve. La douleur est vive. Il y parvient. Il s’arrête. Sort son sexe. J’ai mal. Je saigne. Il me replace devant le plus jeune. Il m’ouvre la bouche. Le plus jeune est excité par ce qu’il vient de voir. Son sexe est dur,  il est dans ma bouche. Le plus vieux fait faire des allers retours avec ma tête. Il va trop loin. Le bout du sexe touche le fond de ma gorge. Je vomis. Le plus vieux n’est pas content. Il me frappe. Il recommence. Je vomis à nouveau. Il me frappe encore. Il me présente le sexe des trois autres. J’ouvre la bouche. Je vomis quand le dernier éjacule dans ma gorge. Je souhaite mourir. Je souhaite que l’un d’eux sorte un couteau et me tue. Le plus vieux fais signe au plus jeune de me faire ce qu’il venait de voir. Le plus jeune s’exécute. Il ne met pas les doigts. J’ai mal il continue, le quatrième se place face a mon visage. J’ouvre la bouche. Il enfourne son sexe. Les autres ont leurs mains sur leurs sexes. C’est le tour du quatrième. Il se place derrière moi et me pénètre. Cette douleur me fait me « réveiller ». Je ne regarde plus, je suis la poupée de chiffons salis. Je crie, je pleure et je supplie d’arrêter. Il continue. Un autre se place devant moi. Le quatrième me pénètre toujours analement. Je souffre et ma mâchoire se tétanise de nouveau alors que son sexe est entre mes dents. Il hurle. L’autre continue. Il me fait mal. Il m’enfonce sa main dans le vagin. Je crie. Il s’arrête. Je suis sur le sol, l’eau coule toujours. Le plus vieux se relève. Je pense que c’est fini. Les autres se relèvent. Je suis seule au sol. Je n’ai pas la force de bouger. Chacun me donne un coup de pied. L’un vise le ventre, l’autre le dos, les autres les jambes. Ils continuent. Je suffoque. Je n’ai même plus mal. Tout est noir désormais. Je ne suis plus là du tout.

J’ai froid. L’eau coule toujours. Il fait noir. J’ouvre les yeux. J’ai du faire un mauvais rêve. Je me suis endormie sous la douche. Je me relève. Une violente douleur me rappelle que je suis blessée. Ma cheville. Mon corps entier est une blessure. A l’eau de la douche s’est mêlé du sang. Je me demande d’où il peut venir. Il faut que je me dépêche, je dois être déjà en retard.

L’eau de la douche ne coule plus, je viens de tourner le robinet. Je me sèche et enfile mes vêtements. Je rejoins les autres à la salle où a lieu la fête. Je bois beaucoup car je remarque que la douleur disparaît avec l’alcool. La soirée se termine. J’ai du mal à respirer. La suffocation est plus forte dans la nuit. On m’emmène à l’hôpital. J’ai 3 côtes cassées. 2 vertèbres déplacées. Le poignet cassé. La cheville foulée. J’ai du tomber dans la douche. Voila pourquoi je m’y suis endormie. Tout est désormais clair, je peux fermer les yeux, et profiter de mon séjour à l’hôpital pour me reposer.
 

 
 
Je ne relis pas ... Je ne sais déjà pas comment j'ai fait pour écrire ces lignes.

Sincères amitiés a toutes,

Magda

 

 

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