Désaccord familial

 

Des fois ça fait du bien d'écrire, quand on ne sait pas parler, même s'il m'a fallu 1 mois et demi avant de me décider à ouvrir OpenOffice.

Tout d'abord montons le décor. Trois petits kilomètres de vélo pour aller passer une après midi chez ma tante et jouer avec le cousin J., trois ans de plus que moi. J’avais à l'époque 11 ou 12 ans, je sais plus très bien. J’adore aller chez ma tante, on s'éclate devant la télé, une manette dans les mains. J. est un cousin avec qui je m'entends bien, un peu comme un grand frère. Depuis tout petits, on est complice, la famille de ce côté là est soudé. 

C'est les grandes vacances. On monte pour aller jouer à l'étage dans sa chambre, la « chambre verte ». Une petite heure passée devant la télé avec une manette de Megadrive sur Streets of Rage.... Il ne fait pas beau ce jour là. On se retrouve à deux, J. et moi. Et là, l'après midi vire au cauchemar. « On va faire un nouveau jeu ... », c'est ce qu'il m'a dit. Déjà, il avait « préparé le terrain » avec des mains plus que baladeuses pendant la partie de jeux vidéos (merci le bouton start). Le dos, puis les cuisses.... Il se lève, il fait sombre dans la chambre. Il éteint la lumière. Son jeu, c'est faire « semblant d'enlever ses habits dans le noir ».Cette phrase résonne encore dans ma tête. Il m'allonge sur le lit, puis il s'allonge sur le lit. Puis sur moi... S'ensuit une bataille, des bruits mais pas de cris ; des coups puis la chance qui arrive dans le couloir. Le plancher craque, son grand frère est monté. Par peur, il s'en va et rallume la lumière, histoire d'éviter les soupçons.

Lui qui ne m'avait jamais fait aucun mal est devenu un bourreau.

Il me semble qu'après, je suis partie jouer dehors, puis j'ai dû rentrer tôt, le temps était pourri. Il m'invite le lendemain, j'accepte, n'ayant pas vraiment la jugeote d'inventer une excuse pour ne pas venir.

Donc le lendemain, on recommence, sauf qu'on a changé le jeu dans la console. Toujours les mêmes mains curieuses, prêtes à faire mal pour avoir ce qu'elles veulent, toujours le même jeu, je vois encore sa silhouette dans le noir, la porte fermée laissant passer un mince filet de lumière. Il s'avance, il me susurre des mots gentils à l'oreille du genre « salope, cochonne ». La chance n'est pas dans le couloir aujourd'hui. Par rapport à la veille, je sais que là, je ne peux compter que sur moi. On se bat, il tient un de mes poignets, l'autre essaie de l'écarter de moi tant bien que mal. Un coup de genou bien placé qui fait mal, un coup à la tête. Il me laisse. Je sors, prétextant un truc bidon. Puis plus rien...je me rappelle avoir parlé à son petit frère A. dans la cour : «tu sais A. ça serait bien qu'on joue plus à deux, nan ? », juste pour m'éviter de rester avec ton taré de frère. Il l'a répété à J.. A. ce moment il m'a regardé droit dans les yeux... mon coeur n'a jamais battu aussi vite. Et puis je suis rentrée à nouveau. 

Je n'ai jamais été aussi heureuse de rentrer chez moi. Le hic, ce fut le sommeil perdu, les cauchemars... Et puis avec le temps, on n'oublie pas mais on fait avec. Puis quelques années plus tard j'ai su en parler (merci MSN). C'est un peu moins lourd à porter, mais ça sera toujours là, gravé.

Il a voulu recommencer une troisième fois, un an après en me plaquant carrément à un mur, là où je bosse. Il était venu donner un « coup de main ». Mais bon j'avais grandi et il en a pris une... Je me rappelle lui avoir sorti sur un ton haineux « va te faire voir ».

Et depuis c'est comme si de rien n'était. On s'amuse encore devant une télé. Mais ça ne sera plus jamais comme avant. Il a tué une partie de moi.

GwendO_O

 

 

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