Je suis transsexuel en parcours officiel c'est à dire que je fais mon changement de sexe à l'hôpital public en commençant par 2 ans de psychiatrie. La fin de mon parcours sera la stérilisation. La phalloplastie n'est pas obligatoire pour les FtM ! Longtemps j'ai cru que je n'étais pas trans à cause de ça ! Seul la stérilisation est obligatoire pour avoir des papiers masculins.
La prise en charge par la sécu est de 100 % jusqu'à la stérilisation. Rien à payer.
Quand j'aurai fini mon parcours, d'un côté, je serai vu comme un homme par la société et j'aurai des papiers masculins mais j'aurai effectivement un corps trans. Mon corps et ce qui se passe dans mon intimité, cela ne regarde que ma compagne et moi.
Ce qu’une lesbienne doit savoir sur les trans expliqué par un trans :
Le transsexuel est parfois présenté comme un malade mental, comme une victime qui souffre, ou encore comme un phénomène de foire dans les documentaires télévisés qui privilégient le sensationnalisme. Difficile de s’y retrouver à la fois pour celui qui se pose des questions sur son identité, les psychiatres, le grand public, ils subissent tous la désinformation.
La vérité est ailleurs.
Être transsexuel c’est quoi ?
Chaque cas est unique, c’est pourquoi les définitions vont variées d’un trans à l’autre. Certains diront qu’ils sont enfermés dans un corps de femme, d’autres qu’ils sont simplement des hommes ou qu’ils ne sont ni homme ni femme. Pourtant, à mon avis, pour reconnaître un trans, le plus simple, c’est de lui demander de parler de son corps, des parties féminines en particulier, et de constater quelle souffrance permanente cela lui cause.
Comment commence le parcours pour changer de sexe ?
Le diagnostic est fait par un psychiatre.
A quoi reconnaît-il un transsexuel ?
On peut classer les psychiatres en 2 catégories.
- La première ce sont « les experts autoproclamés» comme disent les associations de trans. Ils travaillent dans les hôpitaux publics. Ils font poireauter le patient 2 ans pendant lesquels il a des rendez-vous tous les 3 mois. Si au bout de 2 ans, il n'est pas plus tordu que la majorité des gens et qu’il souhaite toujours changer de sexe : il a le feu vert.
On parle de « parcours officiel ».
- La deuxième catégorie, ce sont les psychiatres en libéral, qui ne font pas poireauter les trans 2 ans (par contre leurs critères : mystère et boule de gomme). La difficulté étant de trouver un psychiatre transfriendly.
On parle de « parcours privé ».
Le parcours pour changer de sexe concrètement c’est quoi ?
Avec le feu vert psychiatrique, le patient a accès à la testostérone qu’il devra prendre à vie. Cette hormone le fera muer, lui donnera plus ou moins de poils sur le visage, plus de muscles et lui fera pousser le clitoris, entre autres. Ensuite viennent les opérations, la mammectomie pour retirer les seins et la stérilisation. A ce stade, il peut demander son changement d’état civil pour avoir un « M » sur sa carte d’identité et un prénom masculin.
Certains, pas tous, vont se faire opérer le sexe pour avoir un pénis. Ils feront soit une phalloplastie soit une metaoidioplastie. Cette opération n’est pas obligatoire en France pour avoir des papiers masculins contrairement à d’autres pays.
Combien ça coûte de changer de sexe ?
La transition est prise en charge à 100% par la sécurité sociale jusqu'à la stérilisation, rien à payer.
J’ai toujours su que j’étais un homme, je ne me reconnais pas dans les documentaires sur les transsexuels et j’ai longtemps espéré accepter mon corps et devenir lesbienne. Je suis en parcours officiel depuis presque un an, il me reste donc encore une longue année devant moi avant de commencer les choses concrètes. En ce qui me concerne, j’en resterai à la stérilisation. Je garderai un sexe féminin parce que j’ai peur des opérations mais je n’en suis pas moins un homme parce que ce n’est pas le pénis qui fait l’homme.
Pour l’instant seule ma femme et ma psychiatre sont au courant de mon projet.
J’ai souhaité apporter mon témoignage parce que je me sens proche de la communauté lesbienne, d’ailleurs ma femme est lesbienne.
Un transsexuel bien à l’abri dans son placard